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Mediator® : le marathon de l’indemnisation

Les députés ont entamé lundi l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2011, dans lequel figure la mise en place d’un fonds d’indemnisation des victimes du Mediator®. La création de ce fonds ouvre la voie à un processus de dédommagement que Le Monde détaille longuement (pages 12 et 13), passant en revue les diverses voies de recours des victimes de ce médicament. Auditionné hier par les députés, le ministre de la Santé a assuré que ces dernières auront "dès cet été" un interlocuteur pour leur indemnisation.

Xavier Bertrand a également confirmé le dépôt, à l’automne, d’un projet de loi renforçant les conditions de mise sur le marché des médicaments, rapporte La Tribune (page 4). Le texte sera finalisé après la remise prochaine d’un nouveau rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur la pharmacovigilance. Le ministre a également précisé les mesures qu’il compte proposer pour réformer l’organisation sanitaire française, défaillante dans l’affaire du Mediator®, notamment sur les conflits d’intérêt des experts, rémunérés à la fois par l’Etat et par les labos pharmaceutiques.

Dans un long entretien au Monde (page 14), Aquilino Morelle, médecin, professeur à la Sorbonne et membre de l’Igas, tire les leçons de l’affaire du Mediator®. Il y trouve "trois ressorts comparables" avec l’affaire du sang contaminé : "La dérive de l’expertise, le défaut d’alerte et la mauvaise appréhension du risque." "Le système s’est révélé incapable de donner l’alerte, alors même que c’est la vocation de l’Afssaps. Dans les deux cas, les grandes figures de la médecine n’ont rien vu venir ou n’ont rien dit, déplore-t-il. Le salut est venu de l’extérieur, en l’occurrence de la revue Prescrire et du Dr Irène Frachon. Une institution et un médecin à la périphérie du système officiel du médicament."

Comment rétablir la confiance des Français dans leur système de santé ? "Une transparence totale doit présider aux décisions et aux actes préparatoires de ces décisions, y compris l’accès public aux données des études cliniques sur lesquelles s’appuie l’autorisation de mise sur le marché des médicaments, préconise Aquilino Morelle, qui propose également que les commissions soient pluridisciplinaires et ouvertes aux associations de patients et de consommateurs.

En finir avec le "tout-médicament"
La Haute Autorité de santé (HAS) souhaite "sortir du tout-médicament", note Le Monde (page 14). Dans un rapport, remis hier à la direction de la Sécurité sociale, la Haute Autorité propose le développement d’autres thérapeutiques, comme une meilleure alimentation ou la pratique d’exercices physiques, déjà utilisées dans le traitement des maladies cardio-vasculaires ou de l’insomnie. Pour la HAS, "sortir d’une prise en charge essentiellement centrée sur le médicament et de l’influence symbolique qu’il exerce constitue un enjeu de santé publique". Mais les habitudes sont tenaces,

En France, 90% des consultations se terminent par une ordonnance, souvent réclamée par le patient. "Elle confirme son statut de ”malade” et témoigne du bien fondé de sa plainte", explique le rapport de la HAS. Il faut également convaincre les médecins, qui privilégient encore trop souvent "les canaux d’information émanant de l’industrie pharmaceutique". Afin de garantir l’accessibilité financière des patients à l’égard des thérapeutiques non-médicamenteuses, le rapport préconise des incitations financières de la part de l’assu­rance maladie, et des mutuelles.
John Sutton