Médecins : pénurie annoncée

Dans les prochaines décennies, l'augmentation des effectifs de médecins ne suffira pas à répondre aux besoins liés au vieillissement de la population. Et cela, malgré les efforts entrepris pour renforcer l'offre de soins.

Le nombre de médecins aura beau augmenter dans les années futures, il restera insuffisant face aux besoins de la population. De fait, estime la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees) du ministère de la Santé dans une étude publiée le 11 mai 2017, cette situation risque d’entraîner "un accroissement des inégalités territoriales d’accès aux soins de premiers recours".

Pourtant, observe Le Monde, un certain nombre de précautions ont été prises pour répondre aux besoins liés au vieillissement prévisible de la population.

Ces dernières années, par exemple, le numerus clausus a régulièrement été augmenté afin de permettre la formation d'un plus grand nombre de médecins. Des médecins étrangers sont également sollicités pour accroître le nombre de soignants. Selon les projections, ces derniers devraient représenter 9% des effectifs en 2030.

Conséquence directe de ces aménagements : en 2040, la population de médecins devrait avoir augmenté de 30% par rapport à aujourd'hui, pour atteindre un total de 281.400. De quoi, a priori, faire face à la croissance démographique.

Toutefois, explique Le Monde, la nouvelle génération de médecins a une conception du métier différente de celle de ses aînés. Les nouvelles recrues aspirent à "un plus juste équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle" et "à moins de temps plein, moins d’exercice en libéral, plus de salariat".

D'où le déclin prévisible de l'offre de soins : sur la période 2012-2027, prévient la Drees, les effectifs de médecins libéraux devraient chuter de 24%.

En 2016, rappelle le quotidien, l’Ordre national des médecins était plus alarmiste encore, puisqu'il estimait que "le non-remplacement d’une partie des départs à la retraite chez les médecins généralistes allait se traduire par la perte d’un médecin généraliste sur quatre sur la période 2007-2025". Pour sa part, la Drees projette une baisse de 8% entre 2009 et 2025.

Par ailleurs, toujours d'après ce rapport, le vieillissement de la population n'entraînera pas forcément de besoin de lits d'hospitalisation supplémentaires. Selon les projections de la Drees, que rapportent Les Echos, le besoin de lits en hospitalisation complète pourrait reculer de 6 à 11% d'ici à 2030, notamment en raison du développement de la prise en charge en ville.

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Frédéric Lavignette

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