Les médecins opposés au budget 2017 de la Sécu

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) estime que les médecins libéraux sont les "premiers sacrifiés" du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2017.

Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2017 a été adopté hier en Conseil des ministres, les médecins affirment leur opposition au texte, jugeant être victimes de nouvelles coupes dans les dépenses de santé, comme le note Le Figaro. Malgré le relèvement du taux de croissance de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) de 1,75% à 2,1% et l'augmentation du tarif de la consultation des généralistes de 23 à 25 euros au 1er mai 2017, les syndicats de médecins ne sont toujours pas satisfaits.

Pour la Confédération syndicale des médecins de France (CSMF), ce budget "cache un programme d'économies sans précédent pour le secteur de la santé dans le budget de la Sécurité sociale, à hauteur de 4 milliards d'euros, et les médecins libéraux sont encore les premiers sacrifiés". Pour atteindre l'Ondam fixé, le gouvernement "a prévu de réaliser 4,05 milliards d'euros", rappelle le quotidien.

La CSMF dénonce également le fait que les prescriptions hospitalières exécutées en ville – recouvrant souvent des médicaments au prix élevé pris à la suite d'une hospitalisation  – soient transférées sur l'enveloppe des soins de ville. "Le 0,1% d'Ondam supplémentaire en faveur de la médecine de ville va en réalité profiter à l'hôpital", estime Jean-Paul Ortiz, son président, dans Le Figaro.

Mécontentement aussi des cliniques privées. Elles pointent notamment les mesures sectorielles prises en faveur des fonctionnaires qui, selon elles, vont engendrer des dépenses ne pouvant être couvertes par la hausse de l'Ondam.

Les cliniques refusent de "supporter davantage de pression économique, d'autant que de nouvelles contraintes réglementaires coûteuses vont entrer en vigueur et ne sont pas compensées à ce jour", estime, dans Le Figaro, Lamine Gharbi, président de la Fédération hospitalière privée (FHP).

Face aux nombreuses critiques, le gouvernement défend son budget coûte que coûte. "Ce n'est pas en opposant public et privé, en expliquant que le service public est trop bien traité, que l'on redonnera confiance en l'hôpital public", a répondu la ministre de la Santé, interpellée à l'Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement.

Pour des raisons diamétralement opposées, la CGT critique aussi les orientations du PLFSS 2017, en dénonçant une "politique d'austérité". Ne croyant pas à la disparition du trou de la Sécu annoncée par Marisol Touraine, la CGT estime que la politique du gouvernement va "accentuer les inégalités sociales et de santé, et conduire à un renoncement aux soins et à une nouvelle détérioration des conditions de travail des salariés du secteur de la santé et du social".

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John Sutton

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