Médecins : lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Alors que Nicolas Sarkozy n'est pas encore installé à l'Elysée, il est déjà "sollicité par le lobby médical", constate Le Figaro (page 19). Tous les syndicats de médecins se sont en effet signalés au futur chef de l'Etat pour lui rappeler leurs attentes. A commencer par la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), premier syndicat de médecins libéraux. Son président, Michel Chassang, vient d'adresser une lettre ouverte au nouvel élu dans laquelle il expose "dix propositions pour les 100 premiers jours".

Comme l'indique Le Figaro, la CSMF demande, entre autres, "une politique de prévention plus forte, des garanties sur le régime de retraite des médecins, une réforme de l'hôpital…" Mais l'une de ses principales propositions est la révision à la hausse de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie "dès le collectif budgétaire de juillet". "Une façon, explique-t-il très benoîtement, de résoudre le problème du comité d'alerte", fait observer Le Figaro.

En effet, celui-ci pourrait tirer le signal d'alarme d'ici la fin mai. Comme le rappellent Les Echos (page 4), l'objectif voté pour les dépenses de soins de ville est de 1,1%. Or leur rythme de progression a déjà atteint 4,3% au premier trimestre. Dans sa lettre, la CSMF estime que les dépenses de médecine libérale devraient augmenter "de 1 à 1,5 point de plus que le PIB", poursuit le quotidien économique.

Dans son courrier, la CSMF se prononce aussi en faveur d'une "responsabilisation des assurés" et estime que la quadruple franchise annuelle sur les soins, proposée par Nicolas Sarkozy, est "un outil". Le Quotidien du médecin (pages 3 et 4) rappelle que cette disposition "spectaculaire" devrait remplacer les forfaits de 1 euro par acte et de 18 euros sur les actes lourds à l'hôpital, mais pas le forfait hospitalier. Pour l'heure, rajoute ce quotidien, les montants ne sont pas définis et les "catégories exonérées de ce dispositif" pas encore désignées. Toutefois, ajoute Michel Chassang, si le système de franchise "répond à certaines préoccupations sociales, par exemple de ne pas frapper les revenus les plus faibles, sa “rentabilité“ sera limitée. Enfin, son montant doit rester mesuré car il y a danger si elle conduit certains à retarder la consultation d'un médecin".

Dans sa lettre au prochain président de la République, la CSMF évoque aussi les négociations pour créer un secteur tarifaire optionnel, lequel "pourrait à ses yeux préfigurer un secteur unique", rapporte Le Figaro. Selon Michel Chassang, ces négociations devraient reprendre "au plus tard fin juin". Elles prévoient des "majorations d'honoraires limitées […] prises en charge par les complémentaires en échange de garanties de qualité". Après les récentes révélations sur quelques cas extrêmes de dépassements, la CSMF envisage désormais que "l'encadrement des dépassements" fasse partie des discussions. "Une minirévolution", estime Le Figaro.

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Deux ans après sa mise en service, "le principe d'une journée de travail non rémunérée en faveur des personnes âgées et dépendantes est acquis", reconnaît La Tribune (page 33). Même si "une certaine confusion" demeure autour de cette journée, la contribution solidarité autonomie (CSA) devrait rapporter 2,718 milliards d'euros. La plus importante partie de cette somme est destinée aux établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), le reste étant réparti en aides individuelles.

L'une des priorités de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) est aussi de "rectifier progressivement" les déséquilibres constatés entre les régions ou les départements en matière d'aménagement. Il apparaît, par exemple, que l'Ile-de-France est une des régions les plus mal dotées en établissements d'accueil pour personnes dépendantes. Les coûts de construction sont en effet très élevés et il est difficile de recruter le personnel. Le sud de la France souffre aussi d'un manque de structures, en raison du vieillissement accéléré de la population. Pour parvenir à un équilibre des équipements entre les territoires, la CNSA mise notamment "sur un travail technique de bonne gestion de moyen terme".