Médecins : la liberté contre les déserts

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008, qui instaure notamment les franchises médicales, a été adopté hier en Conseil des ministres.

Une de ses dispositions lie le conventionnement des médecins à leur zone d'installation, ce qui suscite la colère des jeunes médecins. En effet, hier, plusieurs milliers d'internes en médecine ont défilé devant le ministère de Santé pour demander le retrait de cet article. Ils estiment qu'il constitue une menace à leur liberté d'installation.

Or, sans fixer de normes contraignantes, le texte vise simplement à "définir les outils pour réguler l'installation de nouveaux professionnels de santé dans les zones où ils sont déjà nombreux", tient à préciser Les Echos (page 4).

En résumé, dans les grandes villes ou dans les régions du sud de la France. Conséquence : les déserts médicaux persistent, que ce soit dans les zones rurales ou dans les banlieues dites "sensibles". Un reportage diffusé ce matin sur France Info montrait que Bobigny (Seine-Saint-Denis) ne compte que 17 médecins pour 45.000 habitants, soit "six à sept fois moins qu'à Paris".

En réponse aux manifestations, le ministère de la Santé a fait savoir qu'"une nouvelle réunion de concertation se tiendra le lundi 15 octobre", en prélude à des "Etats généraux de la démographie médicale". Ils devraient se tenir début 2008, indique La Tribune (page 27).

"Les conclusions de ces Etats généraux définiront le cadre de négociations conventionnelles qui leur feront suite", précise la ministre de la Santé, qui souhaite y associer "les jeunes médecins, les internes et les étudiants en médecine".

Roselyne Bachelot a tenu à rassurer les internes, en leur assurant qu'"aucune mesure coercitive ne sera prise pour (les) maintenir dans la région" où ils ont fait leurs études, note La Tribune.

Autre registre : la taxation sociale des stock-options. Elle devrait être intégrée dans le PLFSS par le biais d'un amendement lors du débat parlementaire. "Les stock-options ne permettent pas de financer l'ensemble de la protection sociale, mais il y a quelque chose de normal, de juste, de moral à ce qu'il n'y ait aucun revenu qui échappe au financement de la protection sociale", a déclaré hier le Premier ministre.

Le gouvernement est prêt à discuter d'une contribution des employeurs, mais il faudra "fixer un taux raisonnable pour ne pas nuire à l'attractivité de la France", a poursuivi hier le ministre du Budget, Eric Woerth, rapporte Le Figaro-économie (page 20).

L'association vosgienne des surriradiés de l'hôpital d'Epinal a été créée pour "aller à la bagarre contre le mur du silence", lequel a laissé les malades "livrés à eux-mêmes", explique son fondateur et président, Philippe Stäbler, dans un portrait que lui consacre Le Monde (page 18).

Cet homme de 55 ans, atteint d'un cancer de la prostate provoqué par des surdoses de radiation lors d'un traitement par radiothérapie, veut laver l'affront de la circulaire administrative contradictoire envoyée par l'hôpital d'Epinal. Un courrier qui lui annonçait dans le même temps qu'il n'était "en aucun cas concerné par l'accident" de radiothérapie, mais qu'un "surdosage" avait été "mis en évidence".

Après avoir pris la nouvelle "en pleine tronche", selon son expression, il pense aujourd'hui aux centaines d'autres victimes qui se battent à ses côtés. Ce qui va rester comme une brûlure irréparable, "c'est la confiance rompue entre les patients et les médecins", explique Philippe Stäbler.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)