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Journée d’action des fonctionnaires : les médecins hospitaliers aussi

Des soignants aux enseignants, des ministères aux collectivités territoriales, les fonctionnaires devraient se mobiliser massivement aujourd'hui contre des mesures jugées "inacceptables".

Pour la première fois depuis dix ans, la journée d'action des fonctionnaires se fait à l'appel de tous les syndicats. "Le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure du malaise profond qui touche les fonctionnaires et qui est dû à la fois à un problème de sens et de reconnaissance", déclare le secrétaire général de la CFDT, dans un entretien aux Echos. "Les agents souffrent de n'être vus que comme un poids budgétaire et non pas comme une richesse", ajoute Laurent Berger.

"Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis un gain de pouvoir d'achat pour tous les salariés et agents publics. Or, il est aujourd'hui question pour les fonctionnaires seulement de compenser la hausse de la CSG, regrette-t-il dans Les Echos. Enfin, Laurent Berger réclame pour la Fonction publique "la mise en place, comme dans le privé, de la participation de l'employeur au financement de la complémentaire santé".

Fait suffisamment rare pour être souligné, une dizaine de syndicats de médecins hospitaliers s'associent à cette journée d'action, dans une démarche visant à dénoncer la baisse de leur pouvoir d'achat et la dégradation de leurs conditions de travail.

"D'ordinaire, les médecins hospitaliers regardent passer les grèves et rechignent à s'associer à celles du personnel soignant ou administratif des établissements de santé. Est-ce le signe d'un débordement de ce malaise persistant que connaissent les hôpitaux français ?", interroge Libération.

Ce préavis de grève concerne l'ensemble des médecins, pharmaciens et dentistes des établissements publics de santé. Il a été adressé à la ministre de la Santé, par deux intersyndicales (Avenir hospitalier et la Confédération des praticiens des hôpitaux, réunies au sein de l'APH) qui réclament "l'ouverture de négociations" sur "le gel du point d'indice dans la Fonction publique" et sur le "rétablissement du jour de carence en cas d'arrêt maladie".

Des revendications partagées par l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), qui appelle également à la grève contre la "dégradation des conditions de travail". "Le personnel hospitalier va mal, le cœur même de l'hôpital est malade. Les risques psychosociaux doivent être pris en compte. Les conditions de travail se dégradent de jour en jour", dénonce l'Intersyndicat national des internes (Isni), qui soutient le mouvement.

"Le message confirme qu'à tous les niveaux, le malaise persiste", estime Libération. "Ce qui est nouveau, c'est ce désenchantement qui atteint même les médecins hospitaliers", confiait récemment au quotidien le directeur d'un CHU. En province, il est impressionnant de constater le nombre toujours très élevé de postes de praticiens hospitaliers vacants. Et bon nombre d'hôpitaux généraux fonctionnent désormais avec des médecins détenteurs de diplômes étrangers.

"Les tensions dans le secteur hospitalier sont réelles, explique, dans Libération, le Dr Olivier Veran, député LREM et rapporteur général de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. "Moi, j'exerce à l'hôpital, je vois qu'il y a de la souffrance au travail, alors qu'il y a un très fort attachement de ceux qui y sont employés au service public hospitalier. Nous avons entendu le message et nous ne le traiterons pas avec le mépris", promet-il.

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John Sutton

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