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Médecine générale : une discipline désertée par les futurs médecins

Le concours national montre une désaffection pour la médecine générale, la gériatrie et la médecine du travail. En revanche, la médecine infectieuse et tropicale, et la chirurgie plastique ont la cote.

La semaine dernière, le concours national a mis un point final au choix de spécialités et de CHU des 8.400 étudiants entrant en 3e année de médecine, ceux qui achèveront leurs études dans deux ou trois ans. "Quelles sont les spécialités qui font le plus rêver les futurs médecins ?", interroge Le Parisien (page 7). Deux d'entre elles sortent du lot : la médecine infectieuse et tropicale et la chirurgie plastique, indique le Journal international de médecine (JIM). La médecine infectieuse a ainsi séduit le major de la promotion.

"Cette année encore, leurs choix n'augurent rien de bon : les spécialités dont nous aurons le plus besoin demain séduisent le moins les étudiants", constate Le Parisien. Au classement des 44 spécialités proposées, la médecine générale n'arrive qu'en 35e position !

"La crise de la médecine générale n'est toujours pas résolue", confirme, Emile Frelat, président du Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG). C'est encore pire pour la gériatrie, pourtant discipline d'avenir par excellence. Sur les 200 postes à pourvoir, 29 n'ont pas trouvé preneur. "On voit encore la gériatrie comme du soin ultime apporté à des patients qui ont perdu leur autonomie, explique, dans Le Parisien, le gériatre Olivier Guérin. Ce n'est plus ça, on y fait de la recherche de très haut niveau, beaucoup de prévention, on traite les maladies chroniques." Au total, cinq spécialités n'ont pas fait le plein de candidats : la médecine du travail, la gériatrie, la santé publique, la biologie médicale et la médecine générale.

Les étudiants avaient aussi à choisir leur faculté d'affectation. "Là encore les difficultés vont s'aggraver", alerte Le Parisien. Les villes les plus attractives sont Nantes, Lyon, Bordeaux, Grenoble et Paris. Tandis que les moins prisées par les étudiants (Poitiers, Saint-Etienne, Caen, Reims et Brest) sont déjà désertées par les médecins.

"Ce qui détermine souvent le choix des étudiants, c'est la réputation de la faculté, plus que la région elle-même", affirme Emile Frelat. Faut-il alors réformer certaines facultés de médecine pour qu'elles s'améliorent ? La ministre de la Santé, qui prépare un plan de lutte contre les déserts médicaux, devra se pencher sur la question.

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John Sutton

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