Marisol Touraine défend son bilan social

Dans un entretien accordé à Libération de vendredi 8 mai (page 5) la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, revient sur ses trois années passées au pouvoir, et plus particulièrement sur le bilan social du début de quinquennat.

Parmi les mesures qu'elle se dit "fière" d'avoir supportées figurent la généralisation du tiers payant et le mariage pour tous. "Personne ne reviendra dessus", soutient-elle. Néanmoins, la ministre regrette qu'en début de quinquennat, les membres du gouvernement soient "restés prisonniers de débats comptables". De plus, déplore-t-elle, "chacun a raconté l'histoire de son action alors qu'il n'y a qu'un seul récit national, une seule politique globale". Et cette politique est forcément de gauche.

"Etre de gauche, précise-t-elle, ce n'est pas creuser le déficit. C'est s'assurer qu'on donne au pays les moyens d'investir dans le social, l'éducation, l'écologie, tout en rétablissant l'équilibre des comptes publics. (…) Ceux qui prétendent encore que ce gouvernement fait une politique de droite sont de mauvaise foi." Pour preuve, Marisol Touraine énumère les "transformations profondes" qu'elle a contribué à enclencher depuis trois ans. "J'ai réduit le déficit de la Sécurité sociale tout en faisant progresser les droits : retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler le plus tôt, prise en compte de la pénibilité, généralisation du tiers payant…"

Mais son action ne se limite pas à cela. "Nous avons renoué avec l'idée de progrès social", assure-t-elle, citant en exemple la création de places de crèches, le renforcement des aides pour les familles modestes et monoparentales, ou "la création d'un compte personnel d'activité pour que les droits acquis suivent tout au long de la vie". En résumé, indique-t-elle, "le social, ça n'est pas que préserver des droits, c'est aussi les adapter à la réalité du pays".

Interrogée sur la grande réforme fiscale annoncée, la ministre de la Santé, qui ne croit pas au "grand soir fiscal", se dit favorable au prélèvement à la source, mais plus réservée sur une fusion de l'impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée (CSG). En effet, rappelle-t-elle, la CSG finance en partie le budget de la Sécu. "Or, si on fusionne ces deux impôts, un jour, un gouvernement de droite qui voudrait couper en catimini dans les dépenses sociales verrait son travail facilité."

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Hommes et femmes de tous les pays européens sont concernés : l'obésité les guette. Cette menace signalée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lors du congrès européen sur l'obésité qui se déroulait à Prague la semaine dernière, pourrait en effet toucher "la grande majorité des 53 pays de la région Europe", à savoir Europe orientale et Asie centrale comprises d'ici à 2030.

Selon Le Monde de vendredi 8 mai qui rapporte ces données (page 6), "dans la plupart de ces pays, la progression de l'obésité ne marque pas de pause depuis 2010".

De fait, le Vieux continent suit la tendance du reste du monde jusqu'à ce constat navrant : 30% de l'humanité est en situation de surpoids ou d'obésité, quel que soit le taux de richesse des pays.

En matière d'obésité féminine, la Moldavie arrive actuellement en tête des pays européens, avec 28% de sa population, suivie de près par la Russie et la Turquie (27%). L'Irlande pourrait les dépasser dans vingt ans si la tendance enregistrée sur l'île se poursuit. Du côté des hommes, fait remarquer l'OMS, les Irlandais sont actuellement au premier rang des Européens en surpoids.

Toujours selon les projections, c'est un tiers des femmes du Royaume-Uni qui pourraient entrer dans la catégorie "obésité" en 2030. De même, près des deux tiers (64%) d'entre elles pourraient bientôt se trouver en surpoids, comparées aux 59% de 2010.

Pour ce qui est de la France, avance toujours l'OMS, "la proportion de femmes en surpoids passerait du 28e rang européen en 2010 (43%) au 15e rang (58%). Chez les hommes, elle avancerait de six places : de la 26e (54%) à la 20e (66%). Si l'on considère l'obésité, la progression est là encore très marquée chez les femmes, où du 19e rang (16%) elle saute au 9e rang (29%)". Pour les hommes, l'obésité s'aggraverait aussi, passant de 14% en 2010 à 25% en 2030.

Frédéric Lavignette

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