Marisol Touraine annonce le report de l’examen de la loi Santé au printemps

"La loi de santé sera débattue au Parlement, au printemps prochain. D'ici là, je souhaite lever les malentendus et travailler avec les professionnels de santé sur les mesures qui font débat", annonce Marisol Touraine dans un entretien publié dans Libération (page 12). Malgré la main tendue de la ministre de la Santé, qui a reçu hier les deux principaux syndicats de médecins (CSMF et MG-France), ces derniers ont maintenu leur appel à la grève pour les fêtes de fin d'année.

Dans cette interview, Marisol Touraine défend cette loi qui "fait le choix assumé de la justice en matière de santé". Et derrière ces choix, dit-elle, il y a des mesures concrètes : la mise en place du paquet de cigarettes neutre pour faire reculer le tabagisme en France, la création d'un logo nutritionnel sur les produits industriels alimentaires ou encore l'instauration de nouveaux droits pour les patients, avec la possibilité des actions de groupe en santé.

Qu'allez-vous faire sur la généralisation du tiers payant ?, interroge Libération "La généralisation du tiers payant, c'est le choix de la justice, affirme la ministre. Elle se mettra en place par étapes avant 2017. La première, en juillet 2015, concernera les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS). Je suis prête à voir si d'autres étapes, avant sa généralisation, sont nécessaires."

Qu'en est-il du service public territorial de santé ? "Cette mesure, c'est d'abord la reconnaissance du rôle essentiel des médecins généralistes pour faire émerger des projets de santé à l'échelle de chaque territoire", explique Marisol Touraine. Pour les patients, "nous allons mettre en place un dispositif d'information clair et simple, sous la forme d'un site Internet" et d'un numéro unique pour connaître le médecin de garde le plus proche.

Et les "risques d'étatisation ram­pante", dénoncés par les médecins ? "Je ne veux en rien étatiser, assure la ministre. Je suis prête à travailler avec les médecins pour mieux reconnaître les soins de premier recours et le rôle des généralistes." Quant à la revalorisation de la consultation des généralistes, réclamée notamment par le syndicat MG-France, Marisol Touraine renvoie cette question aux négociations préalables à la convention médicale.

Reçu hier au ministère de la Santé, le président de MG-France Claude Leicher a salué "une véritable proposition d'ouverture pour réécrire des dispositions qui ne conviennent pas aux généralistes", dont "la vaccination chez le pharmacien".

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Deux députés, l'un de la majorité, Alain Claeys (PS), l'autre de l'opposition, Jean Leonetti (UMP), auteur de la loi actuelle, remettent ce matin leur rapport sur la fin de vie au président de République, indique Libération (page 18). Les deux parlementaires devraient proposer des mesures pour assurer une "fin de vie apaisée" des malades en phase terminale. Mais sans aller jusqu'au suicide assisté, autorisé dans certains pays européens. "Nous ne voulons pas légaliser l'euthanasie. Nous ne préconisons pas une loi sur le modèle de ce qu'ont fait les Belges", affirme Jean Leonetti, dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 12). En 2013, la Belgique a enregistré 1 816 déclarations officielles d'euthanasie, soit près de cinq cas par jour et les parlementaires ont élargi le champ d'application de la loi aux mineurs, rappelle La Croix (page 3).

"On meurt mal aujourd'hui en France et ce n'est pas acceptable", estime le député UMP, dans l'hebdomadaire L'Obs (page 84). Les deux rapporteurs se prononcent en faveur d'une "sédation profonde et continue" jusqu'au décès pour les patients en toute fin de vie. Jean Leonetti refusant l'idée d'une "aide à mourir", susceptible d'être assimilée à une euthanasie. Dans son interview à L'Obs (page 84), il estime qu'une sédation profonde devrait éviter la pratique du "stop ou encore", consistant dans certains services de soins palliatifs à endormir les patients en fin de vie pour les réveiller de manière périodique afin de s'assurer de leur consentement. Toujours dans ce domaine, L'Humanité (pages 23 et 24) publie un reportage sur l'unité de soins palliatifs de l'hôpital de Pontoise (Val d'Oise).

John Sutton

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