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Limoges : malaise au sein du personnel hospitalier

A travers un reportage réalisé au CHU de Limoges, Libération met en exergue les difficultés éprouvées par le personnel soignant des hôpitaux, à qui l'on demande de faire toujours plus, avec de moins en moins de moyens.

"Le CHU de Limoges n'est pas un cas exceptionnel", prévient Libération qui y consacre un long reportage. Mais à lui seul, cet établissement résume l'aggravation des problèmes observés dans le monde de la santé. En particulier, ceux ressentis par le personnel soignant, dont quatre de ses représentants ont fait grève de la faim en mars dernier.

Avec ses plus de 2.000 lits, ses 700.000 consultations externes annuelles et ses 50.000 séjours, le CHU de Limoges ne démérite pourtant pas : les soins qu'on y assure sont de qualité et certains services sont de bonne réputation. Seulement, écrit le quotidien, "depuis trois ans, le CHU de Limoges s'effrite, car il est en déficit".

Il faut dire cet établissement s'est engagé dans la réhabilitation d'un bâtiment. Les travaux de construction coûtent 540 millions d'euros, et que ne parviennent évidemment pas à combler les 50 millions de subvention reçus. D'où la nécessité d'autofinancer l'opération immobilière. Or, le budget de fonctionnement de l'établissement s'élève à 220 millions d'euros, dont 60% sont consacrées aux dépenses de personnel. Résultat : 6 à 7 millions d'euros de déficit sont enregistrés depuis trois ans.

De fait, c'est en partie sur le personnel hospitalier (900 contractuels) que sont réalisées les économies. Les départs à la retraite ne sont plus remplacés, tout comme les arrêts longue maladie ou les congés maternité. "On a fait des grèves, des AG, rien, observe ainsi une responsable de la CGT. On nous répond que l'investissement est prioritaire."

A Limoges comme ailleurs, remarque le journaliste Eric Favereau, "l'administration est coincée. Elle sait qu'elle ne sera jugée par la tutelle que sur le volet financier de son action. Pour le reste… Il s'agit de tenir". Et continuer malgré tout à garantir les soins avec un personnel en souffrance, car débordé par la surcharge de travail due à l'absentéisme et au non-remplacement des postes. "Il y a un taux d'absentéisme de près de 10%, indique par exemple un représentant syndical. C'est énorme, cela veut dire que tous les jours sur 5.000 salariés 500 personnes ne sont pas là. Et la direction ne fait rien. Ne dit rien."

Au CHU de la Haute-Vienne, le manque de radiologues et d'anesthésistes se fait aussi sentir. Quinze postes sont vacants, mais il est difficile d'attirer les prétendants. Le recours à l'intérim est toujours possible, mais cela reviendrait à 1.000 euros par jour. A cela s'ajoute la nécessité de "retenir les médecins de haut vol" locaux, ajoute Libération, "d'autant qu'il y a une clinique privée qui se montre très attirante, en tout cas financièrement".

Selon une étude réalisée fin 2014 par l'observatoire régional de santé (ORS) du Limousin, que rappelle le quotidien, "23 % des médecins travaillant à l'hôpital présentaient un degré élevé d'épuisement professionnel. 10% d'entre eux se disaient même en état de burn-out sévère".

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Frédéric Lavignette

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