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Maladies professionnelles : les femmes plus exposées

Au travail, les atteintes à la santé des femmes ne sont pas les mêmes que celles des hommes. Elles souffrent en particulier plus souvent de troubles musculo-squelettiques (TMS). C’est ce que montre le dernier numéro de la revue Santé et Travail, paru en juillet.

Le dernier numéro de "Santé et Travail", daté de juillet, donne un coup de projecteur sur la santé des femmes au travail. Ce trimestriel, édité par une union de groupe mutualiste, s’est intéressé aux débats du 30e congrès de la médecine du travail, qui s’est déroulé début juin, à Tours (Indre-et-Loire). Cette manifestation a mis en évidence le silence qui entoure les atteintes à la santé des femmes en milieu professionnel. Toutefois, les chiffres sont parlants.

Ainsi, une enquête intitulée "Santé et vie professionnelle après 50 ans" montre que "la proportion des femmes qui déclarent des douleurs est plus élevée que chez les hommes du même âge", rapporte "Santé et Travail". Autre donnée remarquable : certaines pathologies touchent plus durement les femmes que leurs homologues masculins. C’est particulièrement le cas des troubles musculo-squelettiques (TMS). Parmi les nouveaux cas déclarés en 2005, 58% concernaient des femmes. Pour elles, le risque de contracter un TMS est trois fois plus important que pour un homme !

Tâches domestiques : 13 heures de plus pour les femmes

Pourquoi ces différences ? Les femmes et les hommes ne sont pas employés aux mêmes tâches. Les travaux répétitifs qui requièrent minutie et rapidité sont couramment assignés aux unes, tandis que les autres se voient plus souvent attribuer les postes pour lesquels la force physique est nécessaire. Pour les médecins du travail, "la division sexuelle du travail pourrait expliquer des écarts dans les expositions".

Cette estimation est confirmée par l’Institut de veille sanitaire dans les Pays-de-la-Loire. Dans cette région, "30% des femmes de 50-59 ans connaissent des gestes répétitifs, contre 21% des hommes du même âge". Facteur aggravant pour la santé : "69% des femmes manquent de latitude décisionnelle, contre 55% des hommes". Sur ce point, les experts s’accordent sur le fait que la possibilité de prendre des décisions et de bénéficier de marges de manoeuvre dans l’exercice de son métier a un effet protecteur pour la santé.

En outre, lorsqu’elles occupent des postes similaires à ceux des hommes, le travail n’est pas adapté en fonction de leurs différences physiques. C’est le cas des factrices. Les vélos ou les cyclomoteurs sont trop hauts pour elles ; elles ont la même charge à transporter que les hommes et le rythme de travail est identique. Conclusion : les factrices ont "pratiquement deux fois plus d’accident du travail", indique le trimestriel. "Les femmes font un travail calé sur une norme faite pour les hommes", précise un médecin du travail.

Et ce n’est pas tout ! Une fois rentrées chez elles, le travail domestique incombe le plus souvent aux femmes. Les Françaises consacrent treize heures de plus par semaine aux tâches domestiques que les Français. Cet état de fait rend plus difficile la possibilité de concilier travail à la maison et activités professionnelles, au moment où les horaires de travail sont de plus en plus irréguliers. "Cela est particulièrement vrai dans les emplois de service et de commerce, surtout occupés par des femmes, souvent à temps partiel subi", explique "Santé et Travail".

Milène Leroy

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)