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Maladie d’Alzheimer : répondre à l’inquiétude

La  maladie d'Alzheimer, dont c'est la Journée mondiale ce 21 septembre 2018, préoccupe les Français. D'autant plus qu'aucun traitement reconnu efficace n'est proposé à ses victimes.  

A l'occasion de la Journée mondiale contre la maladie d'Alzheimer, ce vendredi 21 septembre, plusieurs de vos journaux dressent un tableau de cette pathologie qui affecte particulièrement (mais pas exclusivement) la population vieillissante. 

En France, les chiffres qui la concerne ne manquent pas, souligne Libération qui consacre sa une au sujet. Selon les données officielles, 900.000 personnes seraient atteintes de cette pathologie, avec 225.000 nouveaux cas recensés annuellement. 

Près de 15% des plus de 80 ans en sont les victimes, même si 33.000 personnes de moins de 60 ans sont concernées. Et sur 25 malades, 15 sont des femmes. Enfin, toujours d'après l’agence Santé publique France, "le coût de la prise en charge pour la collectivité est estimé à 5,3 milliards d’euros par an". 

Cette situation chronique inquiète les Français, comme en témoigne l'étude menée par Odoxa et dont rend compte La Dépêche. En effet, 18% des personnes interrogées (soit l'équivalent de 9 millions) redoutent que leurs troubles de la mémoire soient liés à la maladie. Et 8% sont persuadés que ces défaillances lui sont directement imputables. Il faut dire que "26% des Français et 31% des seniors comptent parmi leur entourage une personne touchée par Alzheimer, qu'il s'agisse d'un parent, d'un conjoint ou bien d'un ami ou collègue", rapporte le quotidien. 

De quoi s'interroger sur son devenir, d'autant que la plupart des sondés estiment qu'aucune guérison n'est possible. C'est le cas de 87% d'entre eux et de 91% des seniors. Il est vrai, observe dans un autre article Libération, qu’il "n’y a eu aussi peu de réponses cliniques à apporter aux malades (et à leurs familles éprouvées)".  Et la décision prise cette année de ne plus rembourser les traitements anti-Alzheimer en raison de "leur inefficacité, voire de leur toxicité" ne fait que traduire ce sentiment fataliste. 

Le déremboursement de ces médicaments apparus dans les années 1980 est d'ailleurs contesté. Un recours a en effet été déposé par plusieurs organismes devant le Conseil d'Etat pour faire machine arrière. Cela dit, sans trop d'espoir de réussite, remarque Libération. 

Avec ce déremboursement, "on lâche les patients", estime dans un entretien au Parisien, la Pre Marie Sarazin, cheffe du service de neurologie de la mémoire et du langage à l’hôpital parisien Sainte-Anne. Selon elle, l’argument du manque d'efficacité ne reflète pas "la réalité scientifique, ni de terrain". Par le biais de ces traitements, les malades sont au contraire "apaisés donc plus à l’aise, plus actifs, plus autonomes… Ils retardent aussi l’entrée en institution."  

Certes, reconnaît-elle, depuis 25 ans les essais thérapeutiques ont échoué "parce qu'ils sont tous partis sur la même piste de recherche". Mais "de nouvelles avancées et de nouveaux outils ont été créés" grâce à une recherche active. Il faut donc arrêter "avec le fatalisme ambiant, l'espoir est là".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)