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Maladie : Agnès Buzyn dévoile son plan d’économies

Alors que les députés commenceront mardi 24 octobre 2017 l'examen du budget de la Sécurité sociale pour 2018, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s'engage à réduire le déficit de 3 milliards d'euros et annonce le report de la généralisation du tiers payant.

"Jusqu'à présent, nous n'avons pas fait assez de réformes structurelles pour limiter" le déficit de la Sécurité sociale, reconnaît Agnès Buzyn, dans un long entretien au Journal du dimanche. "Le vote du premier budget de la Sécurité sociale du quinquennat nous permet de lancer une révolution en douceur", ajoute la ministre de la Santé.

Pour réduire de 3 milliards d'euros le déficit de la Sécurité sociale en 2018, il y aurait, selon elle, une marge de manœuvre : "30% des dépenses de l'assurance maladie ne sont pas pertinentes", estime la ministre. "Je suis en train de repenser à une réforme cohérente pour que nous n'ayons pas à faire de coupes et que tous les soins utiles soient remboursés", a-t-elle confirmé hier au Grand jury RTL-Le Figaro.

Outre une augmentation de 2 euros du forfait hospitalier, la ministre entend, pour cela, favoriser les soins ambulatoires. "En chirurgie, par exemple, l'objectif est qu'en 2022 sept patients sur dix qui entrent à l'hôpital le matin en sortent le soir, contre cinq aujourd'hui", précise-t-elle. Il s'agit donc de "fermer les lits qui ne servent à rien ou les réorienter vers de nouveaux besoins".

Dans la ligne de mire également : les "opérations inutiles ou les actes réalisés deux fois". "Il faut une meilleure formation des professionnels, un meilleur contrôle. C'est ce que j'appelle la pertinence des soins", a indiqué Agnès Buzyn sur RTL.

Pour réformer le financement des hôpitaux en fonction de ce critère, la ministre envisage ainsi "un bonus, un intéressement" dès lors que ces derniers répondront aux "objectifs de qualité, de pertinence et d'efficience", explique-t-elle dans le JDD. Un milliard d'euros d'économies seraient par exemple réalisables en mutualisant certaines dépenses, comme les achats de médicaments.

La promesse d'un remboursement à 100% des lunettes et des prothèses dentaires et auditives sera-t-elle tenue ? interroge Le Journal du dimanche. "Les négociations commencent avec les complémentaires, indique Agnès Buzyn. Mon but est d'aboutir d'ici un an. Toute la chaîne des acteurs devra contribuer."

Enfin, l'hebdomadaire questionne la ministre sur la généralisation du tiers payant.

"Nous tiendrons l'engagement du président de la République de rendre le tiers payant généralisable, annonce Agnès Buzyn, qui souligne que sa priorité est "d'abord de permettre l'accès aux soins des plus fragiles". La ministre s'appuie sur le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), rendu public ce 23 octobre 2017, qui rappelle que le tiers payant est obligatoire, et fonctionne, pour les bénéficiaires de la CMUC, de l'aide à la complémentaire santé, les affections longue durée et les femmes enceintes. "La loi Santé votée sous le quinquennat Hollande prévoyait la généralisation obligatoire de la dispense d'avance de frais au 30 novembre", rappelle Le Figaro. "Aujourd'hui, nous ne sommes pas prêts techniquement à l'étendre", poursuit la ministre de la Santé, qui assure toutefois : "Nous devons poursuivre nos efforts pour en assurer une application effective partout."

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John Sutton

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