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Le magazine « Mutations » ausculte l’engagement des jeunes

Dans sa livraison d'octobre 2016, "Mutations", le magazine de décryptage de la Mutualité Française, analyse les modalités d'engagement des nouvelles générations, lesquelles bousculent les formes traditionnelles de militantisme.

Les nouvelles générations sont individualistes, consuméristes, peu enclines à la solidarité. Voici bien des idées reçues que balaie la dernière livraison de "Mutations", le magazine de réflexion et de prospective de la Mutualité Française. Oui, les jeunes ont toujours le goût des affaires publiques. Oui, ils ont le souci de la solidarité et du collectif. Non, ils ne s'engagent pas moins que leurs aînés.

Seulement, les modalités de la mobilisation ont changé. Nourries aux réseaux sociaux et au numérique, les nouvelles générations plébiscitent des engagements "coups de cœur" et des structures militantes "peu hiérarchisées, souples ou l'engagement reste assez libre", selon l'expression de Laurent Lardeux, chercheur à l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep).

Le recours aux réseaux sociaux

A l'instar de Nuit Debout, en France, ou du mouvement des Indignés, en Espagne, les nouvelles mobilisations suivent souvent une trajectoire identique : "Des mouvements se créent via des plates-formes en ligne, sont relayés par les réseaux sociaux puis se traduisent par des happenings dans l'espace public", explique la sociologue Monique Dagnaud.

C'est la cause qui importe, beaucoup moins la structure qui l'a porte. Cette situation bouscule les formes traditionnelles du militantisme, comme les syndicats et les partis politiques, confrontées à de réelles difficultés de renouvellement de leurs adhérents. Pour remédier à cette situation, certaines d'entre elles s'engagent dans des démarches volontaristes pour attirer les jeunes : création de collectif "Jeunes",  création du Working Time Festival (CFDT)…

Mais la défiance, notamment envers la sphère politique, est grande. D’où le défi pour les partis : savoir "articuler deux réponses. L'une à une demande de perspective et d'idéal, l'autre à une demande d'efficacité et de concret", estime la sociologue Anne Muxel, directrice de recherche à Sciences Po.

La recherche d'un résultat concret

La recherche d'un résultat concret, visible est, en effet, l'une des caractéristiques de l'engagement citoyen des nouvelles générations. A travers un reportage, "Mutations" montre l'implication d'un groupe de jeunes pour nettoyer des plages du littoral méditerranéen et être ainsi acteur du développement durable.

Dans un tout autre registre, une jeune femme, Judith Aquien, conceptrice indépendante de sites Internet, explique les raisons qui l'ont amenée à fonder l'association Thot (dieu de la science et du savoir dans la mythologie égyptienne), qui délivre des cours de français aux migrants et aux réfugiés avec un diplôme d'Etat à la clé. Ce dernier constitue une porte d'entrée vers les études ou un travail, véritable sésame pour une intégration réussie en France.

Cette action est également une illustration d'un sondage du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), selon lequel 47% des 18-25 ans considèrent la solidarité comme le fait d'aider les autres.

Montrer son "utilité sociale"

Pour attirer les jeunes, les acteurs de la vie civile doivent montrer leur "utilité sociale", considère Marie Trellu-Kane, présidente et cofondatrice de l'association Unis-Cité, qui est à l'origine du service civique. Un service civique, comme elle en témoigne, qui est souvent une première étape vers un engagement plus pérenne.

Jeunes et anciens, les divergences ne portent pas –  encore –  sur les valeurs, mais sur leurs réalités concrètes, lesquelles ne répondent pas aux attentes et aux inquiétudes des jeunes, explique Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), think tank partenaire de "Mutations" pour ce numéro. Il est désormais urgent de répondre aux aspirations des nouvelles générations pour éviter que les dichotomies ne se transforment en opposition.

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Jean-Michel Molins

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)