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Macron annonce sa « révolution » sociale

Reste à charge zéro, loi sur la dépendance, réforme des retraites, lutte contre l'exclusion… le président de la République, Emmanuel Macron, a présenté, le 13 juin 2018, au congrès de la Mutualité Française, à Montpellier, les grandes lignes d'une "révolution" de la protection sociale.

"Nous consacrons toujours davantage de notre richesse à la protection sociale", a affirmé Emmanuel Macron, le 13 juin 2018 à l'occasion d'un long discours lors du 42e congrès de la Mutualité Française, à Montpellier. Il a ajouté que "la solution n'est pas de dépenser toujours plus d'argent" et affirmé la nécessité d'une "révolution profonde" de la protection sociale, rapporte La Croix.

Le président de la République a annoncé le vote d'une loi sur le financement de la dépendance, avant la fin 2019. "Il nous faut construire un nouveau risque, répondre à cette nouvelle vulnérabilité sociale qu'est la dépendance", a -t-il plaidé.

Mais c'est sur le remboursement des frais de santé qu'il a été "le plus concret, en officialisant l'accord conclu avec les professionnels pour parvenir à un remboursement à 100% sur certaines couronnes dentaires, prothèses auditives et les lunettes. C'était une de ses promesses phares de campagne !", rappelle Le Figaro.

"Ces trois domaines sont ceux où les renoncements aux soins sont les plus fréquents : 4,7 millions de Français ne peuvent s'offrir des soins prothétiques dentaires et 2,1 millions des appareils auditifs", complète Libération. "Reste à charge zéro, un point pour l'exécutif", titre le quotidien, qui y voit "une mesure forte".

"Avec le reste à charge zéro, des assurés pourront en effet s'offrir les soins auxquels ils avaient dû renoncer. Selon un mutualiste, cela devrait être particulièrement le cas en optique et en audioprothèse", rapportent Les Echos.

"Très concrètement, il ne s'agit pas de supprimer tout reste à charge dans ces trois secteurs où les Français en sont aujourd'hui pour 4,4 milliards d'euros de leur poche chaque année, mais de proposer des offres d'entrée de gamme. Celles-ci seront accessibles sans condition de revenu à tous les Français couverts par une complémentaire santé, soit aujourd'hui près de 95% de la population", précise Le Monde.

"Les Français, qui doivent aujourd'hui payer de leur poche 1.700 euros pour s'équiper en prothèses auditives, 200 euros pour une couronne dentaire et 65 euros pour des lunettes, pourront désormais être intégralement remboursés", a indiqué le président de la République devant les mutualistes, soulignant que "le 100% santé est une transformation profonde, une conquête sociale essentielle". Le but est d'éviter le renoncement aux soins pour des raisons financières.

La réforme du "100% santé", détaillée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lors d'une conférence de presse à la suite du discours présidentiel, se mettra en place de manière progressive.
"Les assurés pourront, à partir du 1er janvier 2019, bénéficier de paniers d'offres de mieux en mieux remboursés, jusqu'au remboursement total sans reste à charge, à l'horizon 2021", note L'Argus de l'assurance.

Soit un investissement important, d'un milliard d'euros à l'horizon 2023 pour l'assurance-maladie obligatoire et complémentaire, écrit Le Figaro. "Difficile de mesurer l'impact de la réforme, car il y a une part d'incertitude liée au comportement des Français. Vont-ils se saisir du panier de soins remboursé à 100 % ? Va-t-il y avoir un effet de rattrapage, avec des gens qui vont effectuer des soins longtemps retardés ?" interroge Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française dans les colonnes de ce quotidien.

Interrogé hier soir sur France Info, et ce matin sur France Inter, Thierry Beaudet a commenté le discours du président de la République. Jugeant "utile", la réforme du reste à charge zéro, il a indiqué qu'il faudrait, à terme, apprécier son "équilibre global".

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John Sutton et Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)