Loi Travail : le gouvernement fait un pas vers les jeunes

Au vu du nombre de manifestants qui ont défilé hier, le 5 avril 2016, dans plusieurs villes de France (3.400 à Paris, contre 30.000 jeudi dernier), certains observateurs estiment que le mouvement hostile au projet de réforme du Code du travail s'essouffle. Sans surprise, relève Le Figaro, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, conteste ces "spéculations sur le niveau de mobilisation" depuis le début des manifestations. Et d'ajouter, au contraire, que lorsque "le gouvernement reçoit les lycéens et étudiants, cela montre la force de la mobilisation".

D'ailleurs, estime Libération dans son éditorial, le chef du gouvernement, aurait "tort de se féliciter trop vite" de ce semblant d'essoufflement, qui pourrait bien être démenti samedi 9 avril 2016, jour de nouvelles manifestations.

Reçus aujourd'hui par la ministre du Travail, celle de l'Education nationale et son homologue à la Jeunesse, les représentants des organisations étudiantes apporteront avec eux toute une liste de doléances. Face à ces revendications, le gouvernement pourrait bien "lâcher du lest", "dans l'espoir d'enrayer la contestation", écrit le quotidien dans un article intitulé "L'exécutif cherche sa carte jeunes".

C'est que "l'exécutif veut éviter que le dossier de la jeunesse, priorité affichée de François Hollande, ne vienne polluer totalement la fin de son quinquennat", enchaînent Les Echos. D'où l'annonce probable de nouvelles mesures en leur faveur.

L'une d'elles viserait à prolonger pendant quelques mois, après la fin des études, la bourse universitaire des étudiants qui, inscrits à Pôle emploi, seraient en quête d'un premier emploi. Les bacheliers pourraient aussi être concernés par cette mesure initiée par l'Unef.

Autre mesure possible, mais pas encore tranchée : l'augmentation du nombre de places dans les BTS et les IUT pour "faciliter l'accès des bacheliers professionnels et technologiques".

Enfin, une proposition gouvernementale concernerait "l'accès à une complémentaire santé (sorte de CMU), pour les jeunes en rupture familiale", ajoutent Les Echos. Une mesure qui ferait écho aux revendications des lycéens de l'UNL qui réclament "une augmentation du niveau des bourses ou encore une couverture maladie universelle", écrit Libération.

Reste à savoir jusqu'où iront les concessions d'un gouvernement une nouvelle fois confronté "à une de ces équations politiques insolubles" : "Se montrer le plus ouvert possible aux revendications des syndicats étudiants, sans modifier la loi Travail…"

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Frédéric Lavignette

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