Loi Travail : le bras de fer se durcit entre le gouvernement et la CGT

File d'attente dans les stations-services, routes bloquées, manifestations… Images classiques d'une crise sociale qui prend de l'ampleur. Ainsi, un mouvement de grève continu est prévu à la SNCF. A la RATP, "la CGT appelle à son tour à une grève illimitée à partir du 2 juin pour protester contre la loi travail et réclamer l'ouverture de négociations salariales", note Le Figaro. Chez Air France, un mouvement de protestation pourrait débuter dès le 1er juin. Dans les raffineries, "la situation se tend chaque jour un peu plus" et "la CGT-Energie a appelé, ce mardi, à un mouvement d'action, notamment dans ses centrales nucléaires", constate le quotidien.

Le bras de fer entre le gouvernement et la CGT se durcit donc considérablement. Pour l'exécutif, il n'est pas question de retirer le projet de loi Travail, "alors que ce retrait est devenu la seule et unique revendication de la CGT", notent Les Echos. "Il n'y aura pas de retrait du texte. Sinon dans ce pays, on ne peut plus réformer", a répété le Premier ministre pour qui "la radicalisation de la CGT pose incontestablement un problème", relève le quotidien économique.

Le gouvernement rétorque pour l'heure par la fermeté, mais pourrait-il escompter sur une impopularité de ces mouvements ? Si l'on en croit le sondage Odoxa, réalisé pour Le Parisien/Aujourd'hui, cette hypothèse est aujourd'hui faible. Ainsi, 61% des personnes sondées estiment que "si la situation continue de se dégrader […], ce sera la faute du gouvernement qui a pris de gros risques en voulant passer en force sur la loi Travail". Seules 37% des personnes interrogées évoquent "l'irresponsabilité des syndicats radicaux, FO, CGT...", résume le quotidien.

"Nombreux sont ceux à estimer qu'un Euro 2016 perturbé nuirait à l'image de la France (71%), au tourisme (70%), aux investissements en France (63%) et, plus généralement, à la croissance (58%)", poursuit le journal.

De son côté, la CFDT dénonce, dans Le Parisien/Aujourd'hui, les "postures" du gouvernement et de la CGT à l'origine, selon son secrétaire général, du durcissement de la situation sociale. Pour Laurent Berger, "il est hors de question que le gouvernement renonce à ses engagements, que ce soit en retirant la loi ou en la vidant de sa substance. Ce serait un coup dur pour les salariés car ils perdraient le bénéfice des nouveaux droits reconnus par le texte".

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