Loi handicap : bilan mitigé

Dix ans après l'adoption de la loi du 11 février 2005 sur l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées, L'Humanité (page 11) dresse un bilan "mitigé" de ce texte qui visait à améliorer le transport des personnes handicapées et leur accessibilité à certains lieux, à la scolarisation ou à l'emploi.

Le 17 février, note le quotidien, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe en faisait lui-même le constat et interpellait la France et son gouvernement sur les situations "inquiétantes et paradoxales" que vivent les personnes handicapées.

Par exemple, "est-il normal que des milliers de handi­capés adultes quittent leur pays pour rejoindre la Belgique parce qu'ils ne trouvent pas de solution de vie (de lieux adaptés) ?", interroge le Commissariat.

Cette loi est pourtant "une belle loi aux grandes ambitions", souligne Jean-Louis Garcia, président de la Fédération des associations pour adultes et jeunes handicapés (Apajh). Le problème, dé­plore-t-il, c'est que la situation n'a pas "suffisamment" évolué pour que les personnes en situation de handicap soient considérées comme des "citoyens à part entière".

En matière d'accès aux soins, notamment, celles-ci vivent de réelles situations d'exclusion, observe-t-il.
Certes, poursuit Jean-Louis Garcia, "les enfants et les jeunes vont plus à l'école et au collège de tous, mais de façon insuffisante, avec des maîtres pleins de bonne volonté mais pas toujours formés. Pour ce qui est des loisirs, du sport, des vacances, de la culture et des médias, du chemin a été fait, mais celui à parcourir est immense."

Pour Alain Rochon, président de l'Association des paralysés de France (APF), "la majorité des personnes en situation de handicap et leurs familles constatent plutôt une régression de leurs droits" depuis 2005. En effet, les plans d'aide de la prestation de compensation du handicap (PCH) ont été revus à la 
baisse et les personnes vivant avec l'allocation adulte handicapé (AAH) ou des pensions d'invalidité connaissent une "précarité grandissante".

Quant aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), ajoute-t-il, elles ne parviennent pas à répondre aux besoins des personnes car "le nombre de demandeurs en 2013 et 2014 a explosé". En matière d'accessibilité physique aux lieux et bâtiments, "le chemin est tracé", admet Jean-Louis Garcia, mais les progrès restent encore "très insuffisants", comme le reconnaît Ségolène Neuville, la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion.

Bien plus élevé que celui des personnes valides, le taux de chômage des personnes handicapées confirme qu'en matière d'emploi, l'égalité des droits et des chances est loin d'être atteinte. Une "situation catastrophique", confirme le président de l'Apajh : "Une personne en situation de handicap est deux fois plus chômeuse qu'un citoyen ordinaire, rappelle-t-il. Une femme en situation de handicap est encore plus facilement au chômage, donc exclue ! (…) Agir pour la personne en situation de handicap, c'est utile pour tous. Militer pour une société inclusive, c'est combattre pour une autre société, organisée autour de l'homme et de ses besoins et potentiels."

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Le bilan de l'épidémie de grippe saisonnière 2015 n'est pas encore connu, mais il semble qu'il soit des plus sévères. L'hiver dernier, rappelle Le Figaro (pages 2 et 3), l'épidémie avait été "plutôt clémente, de courte durée (environ six semaines, de fin janvier à fin février) et de faible intensité, avec un peu moins de 1 million de cas" et près de 9.000 morts.

En général, le nombre moyen de malades recensés pour la durée globale d'une épidémie ordinaire, qui est de 9 semaines en moyenne, est de 2,5 millions de cas. Or c'est justement le nombre atteint par l'épidémie 2015, alors qu'elle n'est pas terminée. "On comptait encore 480 000 nouveaux cas pour la huitième semaine de l'année (du 16 au 22 février)", écrit Le Figaro.

Certes, des signes de décrue sont observés, "puisqu'il y avait 600.000 nouveaux cas la semaine précédente". Néanmoins, l'activité des médecins reste forte, tout comme celle des hôpitaux. Ces derniers observent un ralentissement du passage aux urgences pour syndrome grippal, sauf chez les plus de 65 ans, pour lesquels l'augmentation se poursuit.

Frédéric Lavignette

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