Loi Santé : Marisol Touraine lance une consultation

Les médecins ne relâchent pas la pression et envisagent de poursuivre leur mouvement de protestation entrepris il y a cinq semaines contre le projet de loi de santé. A l'initiative de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et du Syndicat des médecins libéraux (SML), les praticiens sont appelés à faire une nouvelle grève des gardes du 30 janvier au 1er février, rapporte Le Figaro (page 22), tandis que MG France les invite plutôt à fermer leur cabinet le 5 février.

Marisol Touraine a pourtant annoncé mardi dernier "l'ouverture des discussions réclamées par les syndicats médicaux", indique le quotidien. Une consultation que la ministre de la Santé a articulée autour de quatre groupes de travail composés de représentants de l'Etat et de professionnels de santé, pour, selon les termes du ministère rapportés par Les Echos (page 3), "faire évoluer les dispositions qui font débat au sein du projet de loi de santé".

Ainsi, détaille le journal économique, Anne-Marie Brocas, présidente du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam) pilotera le premier groupe chargé de mettre en place la "généralisation progressive du tiers payant". A ce sujet, écrit Le Figaro, "la ministre confirme qu'elle entend procéder par étapes d'ici à 2017".

Le deuxième groupe de travail aura pour tâche de supprimer tout risque d'"étatisation" de la médecine libérale dans les régions, poursuit le quotidien, alors que le troisième aura pour objectif de déminer "l'épineux sujet de la vaccination en pharmacie, décrié par les médecins". Enfin, le quatrième groupe planchera sur la place dans le service public hospitalier d'un "nombre réduit" de cliniques, explique Le Figaro.

En outre, deux missions thématiques sont également lancées, indiquent Les Echos, l'une portant sur le généraliste et le médecin traitant, l'autre sur la médecine spécialisée libérale. Concernant la revalorisation des honoraires, ajoute Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), la ministre a renvoyé la question à des négociations qui se tiendront en fin d'année.

Le Conseil national de l'Ordre des médecins s'est dit satisfait par l'annonce de ces rencontres, note Le Pari­sien/Au­jourd'hui. Si de son côté, le président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz, se félicite de cette "amorce de concertation", il n'en démord pas : "Le tiers payant généralisé obligatoire, c'est définitivement non !" Pour ce qui est de la Fédération des médecins de France (FMF), ces initiatives vont "dans le bon sens, mais ça arrive un peu tard. On ne peut pas réécrire une loi en si peu de temps".

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Sur la base du texte remis en décembre à François Hollande par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP), l'Assemblée nationale doit ouvrir aujourd'hui le débat sur la fin de vie. Aucun vote ne viendra conclure la séance parlementaire, prévient La Croix (page 8), mais ce débat permettra aux élus de s'exprimer sur ce sujet sensible, en attendant l'examen, en mars, d'une proposition de loi cosignée par les deux députés.

"Alain Claeys et Jean Leonetti, qui ont voulu faire de leur travail un symbole d'une possible unité autour d'un sujet qui divise, espèrent, bien entendu, une discussion sereine autour du renforcement des droits des malades et du refus de l'acharnement thérapeutique", écrit Le Figaro (page 10). Déjà, l'euthanasie et le suicide assisté ont été écartés, à la faveur d'une "troisième voie" censée mieux répondre à la souffrance en fin de vie.

En effet, leur texte instaure un droit à une sédation profonde et continue en toute fin de vie dans des cas très précis. Par exemple, indique Le Parisien/Au­jourd'hui (page 13), "un patient atteint d'une maladie incurable et dont le pronostic vital est engagé à court terme, dont le traitement provoque des douleurs impossibles à soulager, pourra demander (ou sa personne de confiance, s'il ne peut pas s'exprimer) une sédation profonde jusqu'à son décès afin d'éviter de souffrir".

Par ailleurs, la proposition de loi Claeys-Leonetti impose aux médecins de respecter les "directives anticipées" laissées par le patient hors d'état de s'exprimer, autrement dit ses dernières volontés médicales.

La double proposition des députés a été diversement accueillie, note Le Figaro : plusieurs associations anti-euthanasie rassemblées sous la bannière "Soulager mais pas tuer" sont vent debout contre ce texte, alors que l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) reproche à François Hollande ne pas respecter ses engagements de campagne. En revanche, la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) avait estimé en décembre que ces propositions ne portaient pas "les germes d'une dérive euthanasique".

Frédéric Lavignette

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