Loi Santé : la mesure qui satisfait les généralistes

C'est une accalmie dans les relations tendues entre les médecins et la loi de santé. Ce texte, déclare même le Dr Claude Leicher, président du syndicat des médecins généralistes MG France, "peut devenir aussi important et essentiel que la loi de 1958 qui allait fonder les hôpitaux universitaires". Compte tenu des manifestations de médecins du mois dernier contre le projet de loi de Marisol Touraine, et plus particulièrement contre la généralisation du tiers payant, cette position a de quoi surprendre, remarque Libération (pages 10 et 11).

Certes, "tout n'est pas réglé, et sur le tiers payant, c'est encore flou", estime Claude Leicher. En revanche, l'article 12 du texte, qui doit être débattu aujourd'hui par les députés, est plébiscité par la profession car il "met les médecins de proximité au cœur du parcours des soins des patients".

Que dit cet article ? Que l'organisation des soins primaires et le parcours de santé des patients reviendront aux médecins libéraux et ne relèveront plus des agences régionales de santé (ARS). Comme le souligne le texte, "afin d'assurer une meil­leure coordination de leur action, des professionnels de santé peuvent décider de se constituer en communauté professionnelle territoriale de santé".

"Regardez ce qui se passe avec les maisons de santé, déclare Claude Leicher. Il y en aura bientôt mille, et cela va doubler encore. La médecine de ville change profondément. Cela démontre que lorsque l'on nous en donne les moyens, lorsque les agences régionales de santé nous appuient plutôt que nous contrôlent, et bien cela bouge. Et vite."

Pour le président de MG France, cet article 12 devrait permettre de changer de paradigme, à savoir que ce sont "les acteurs de santé qui vont décider" des meilleures organisations à mettre en place sur le terrain. Dans ce schéma, les ARS "les appuieront et doteront les équipes de ce dont elles ont besoin", poursuit-il.

Cependant, ajoute cet article, si aucune initiative n'émane des médecins, charge reviendra aux ARS de prendre "les initiatives nécessaires à la constitution d'une communauté professionnelles territoriale de santé".

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Dès le mois de juillet, préviennent Les Echos (page 3), les allocations familiales accordées aux ménages comptant deux enfants et plus seront "divisées par deux à partir de 6.000 euros de revenus net par mois, et par quatre dès 8.000 euros – chaque enfant supplémentaire élevant ce plafond de 500 euros".

Selon la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf), opposée à cette mesure, 505 000 familles devraient être concernées, soit 10% des 5 millions d'allocataires. Ainsi, la majorité des perdants (52%) ne toucheront demain plus que le quart des prestations actuelles, ajoutent Les Echos. Ils perdront par conséquent 127 euros par mois pour le montant principal des allocations familiales.

"De plus, 154.000 foyers avec des enfants de plus de 14 ans vont être touchés par la modulation de la majoration pour âge, termine le quotidien, soit 12% des ménages qui y ont droit aujourd'hui. Ils vont perdre en moyenne 51 euros de plus par mois."

Frédéric Lavignette

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