Logement : recul ?

Il faudra peut-être prochainement admettre un nouveau sigle dans le langage courant : le Dalo. Pour cela, bien entendu le projet de loi sur le Droit au logement opposable devra être ratifié par les députés qui en examinent à partir d'aujourd'hui les 60 articles. Initialement, ce texte, qui autorise toute personne mal logée à interpeller une autorité publique identifiée afin de se voir attribuer un habitat décent, ne devait contenir que neuf articles. Or, après une première lecture, les "sénateurs de droite comme de gauche", ont élevé ce nombre d'articles à 60, raconte Le Figaro (page 8).

Il faut dire que de nombreuses critiques avaient été formulées" pour dénoncer un texte incantatoire "seulement rédigé pour dégonfler une situation de crise déclenchée par Les Enfants de Don Quichotte, indique Libération (page 17). Parmi les mesures concrètes ajoutées par les sénateurs figurent notamment une indexation des allocations logement sur l'indice d'augmentation des loyers et une production de logements sociaux revue à la hausse avec 100.000 constructions par an en 2008 et 2009, contre les 80.000 prévus.

Par ailleurs, relève Le Figaro, le champ d'application de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) est étendu. Cette loi avait pour objectif de combler progressivement les manques en obligeant chaque collectivité de plus de 3 500 habitants (1.500 pour l'Ile-de-France) à atteindre un quota de 20% de logements sociaux, explique L'Humanité (page 7). Or, près de 160 villes "essentiellement de droite", précise le quotidien, l'ont toujours contournée "préférant s'acquitter d'une contribution financière".

Depuis l'examen des sénateurs, les communes "qui font partie d'une structure intercommunale à fiscalité propre de plus de 50.000 habitants" seront désormais soumises à cette obligation. Cela représente ainsi 150 communes supplémentaires. De plus, les sanctions encourues par les communes qui ne respecteront pas la loi seront alourdies.

Evidemment, constate Le Figaro, cette disposition a provoqué "quelques remous" chez les députés de droite devenus subitement de plus en plus "rétifs" à ce Dalo. Pour les uns, "même s'ils sont d'accord avec le principe", ce texte est devenu une " usine à gaz ".

Pour d'autres, ce texte comporte trop de fois le mot "droit" et pas assez celui de "devoir". Mais, rassure Le Figaro, "les députés UMP feront taire leurs états d'âme, dans la mesure où ce texte a le soutien appuyé de Nicolas Sarkozy".

Pour les associations de mal-logés, ce texte manque encore d'audace et elles tiennent à le faire savoir en manifestant aujourd'hui, à 17 heures, devant l'Assemblée nationale. Il existe en effet un trop fort décalage entre l'offre et la demande de logements. Par ailleurs, les besoins urgents de certains SDF n'ont pas été satisfaits.

Sur les 280 qui campaient le long du canal Saint-Martin, à Paris, depuis le mois de décembre, "une trentaine d'irréductibles n'a souhaité déménager, ni même rencontrer de travailleurs sociaux", indique Le Figaro. Les relations avec le voisinage pourtant solidaire pendant l'hiver se dégradent et, indique toujours le quotidien, "les Don Quichotte semblent ne plus avoir prise" sur eux.

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C'est cet après-midi que le conseil de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) prendra la décision de mandater ou non, son directeur, Frédéric van Roekeghem, pour négocier une hausse des tarifs de la consultation des généralistes, aujourd'hui fixé à 21 euros.
Selon l'assurance maladie, indique La Tribune (page 28), cette revalorisation devra être d'un niveau raisonnable.

Pour certains membres de l'Uncam, elle pourrait être effectuée en deux temps : 1 euro au début du premier semestre 2007 pour passer à 23 euros en 2008. "Si nous proposons 2 euros dès 2007, nous risquons, étant donné la dépense engagée, d'être mis en demeure par le comité d'alerte de rééquilibrer les comptes de l'assurance maladie, au détriment des patients qui pourraient voir leur remboursement baisser", relève ainsi un membre du conseil de l'Uncam.

Côté médecins, on est bien entendu un peu plus pressé. Le président de la Confédération des médecins libéraux français (CSMF), Michel Chassang, entend demander une hausse de "1 euro en mai et 1 euro en décembre, ce qui coûterait au total à l'assurance maladie 164 millions d'euros pour l'année 2007". Pour ce responsable, cette augmentation se justifie car les médecins ont rempli leurs obligations en matière de maîtrise médicalisée. Reste que cette revalorisation coûterait à la "Sécu" entre 500 et 600 millions d'euros par an…