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L’idée du revenu de base réapparaît

Sous différents aspects, le « revenu de base », souvent appelé « revenu universel », semble intéresser plusieurs gouvernements européens. Reste à savoir sous quelle forme.

Via des versions édulcorées, l'idée d'un revenu universel de base refait surface avec insistance dans le discours politico-économique européen. Un paradoxe à l'heure où la Finlande, seul pays à avoir mis en œuvre un mécanisme similaire, vient de l'abandonner.

Du 1er juin 2017 au 31 décembre 2018, explique en effet La Croix du 13 février 2019, deux mille chômeurs finois tirés au sort ont perçu 560 euros mensuels sans aucune contrepartie. Cette allocation leur était versée de façon inconditionnelle afin de les inciter à retrouver du travail. "Pécule qu’ils pouvaient cumuler avec des allocations familiales et des revenus en cas de reprise d’emploi". Même si ce revenu n'était pas en soi vraiment "universel", du fait du nombre restreint de participants et de leur profil (personnes sans emploi), il se rapprochait de son idée.

Après 18 mois d'expérimentation, "la conclusion est sans appel : le mécanisme social s'est peut-être avéré efficace pour améliorer le bien-être et l'état de santé des bénéficiaires, mais pas pour la réinsertion sur le marché du travail". Et pour cause, seules 43,7% des personnes disposant du revenu de base ont retrouvé un travail, alors que 42,85% de chômeurs sans ce même revenu ont regagné le marché de l'emploi.

En revanche, plusieurs signes démontrent que ce revenu de base a amélioré l'existence de la population concernée. En l'occurrence, 55% de ses bénéficiaires se sont déclarés "en bonne ou très bonne santé" (contre 46% dans le groupe témoin) et 17% ont signalé des niveaux de stress inférieurs à ceux du groupe témoin (25%).

Dans une tribune du 11 avril 2019 publiée par Les Echos, l'enseignant Guy Valette rappelle que le revenu de base doit être tout à la fois "réparateur" et "émancipateur". En ce sens, il doit "permettre d'assurer en toutes circonstances une existence digne" "à tous les membres d'une communauté, de la naissance à la mort". Pour cela, son montant, estime-t-il, doit être supérieur au seuil de pauvreté de sorte à "se substituer à toutes les aides de lutte contre la précarité financées par l'impôt".

Pour lui, le revenu de base doit également renforcer "les indemnités de compensation dues à un handicap, une invalidité ou une dépendance (AAH, aides à la dépendance)", tout comme il vise à compléter "le système de la Sécurité sociale (…)".

Dans un entretien accordé à Libération du 18 avril 2019, Philippe Van Parijs, professeur de philosophie aux universités de Louvain et Leuven, rappelle que le revenu de base "universel" au sens strict du terme, autrement dit "inconditionnel", a été défini il y a trente ans selon trois critères bien particuliers : il doit être versé à chacun, sans contrôle des ressources, à savoir aux riches comme aux pauvres, et sans exigence de disposition à travailler.

Co-auteur d'un ouvrage qui vient de paraître aux éditions La Découverte et intitulé "Le revenu de base inconditionnel", Philippe Van Parijs souligne que ces dispositifs qui prônent l'universalité "ont deux grands avantages sur les dispositifs ciblés sur les pauvres". Puisque versés automatiquement à tous, le taux de non-recours aux prestations se verra réduit. Il est en effet fréquent que des personnes éligibles à certaines allocations y renoncent pour cause de démarches administratives imposantes, ou encore par ignorance, timidité ou honte.

L'autre avantage est qu'il est cumulable à d'autres ressources : "on conserve le droit au revenu de base indépendamment de tout autre revenu que l'on pourrait gagner par ailleurs". Pour ce qui est du montant alloué, Philippe Van Parijs propose de l'établir à 25% du PIB par tête du pays concerné. Soit, en France, l'équivalent de 860 euros par mois.

Pour autant, sa mise en place ne serait pas un renoncement au droit au travail pour tous, souligne cet expert. Au contraire, "le revenu de base constitue une formule intelligente de partage de l'emploi. Il facilite la réduction volontaire du temps de travail ou l'interruption de carrière au moment où les travailleurs en sentent le besoin". Les exclus du travail pourront enfin y avoir accès. De plus, il autorise avec davantage de facilité "l'apprentissage tout au long de la vie, du fait qu'il permet un va-et-vient plus souple entre emploi, formation et activités bénévoles".

En bref

Grand débat : la santé comme priorité

Les Français qui se sont exprimés sur la plateforme internet du grand débat national sont un quart à déplorer l'accès insuffisant aux services publics. Sur ce taux, 30,4% estiment spontanément que la santé constitue le principal problème. Lorsqu'on les interroge sur les besoins prioritaires dans lesquels notre protection sociale doit être renforcée, ils citent le thème de la santé en première place (27,8%) suivi de l'aide aux personnes âgées (16,9 %). Les Echos

Un expatrié sur cinq sans couverture santé

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Elections européennes : un appel pour éradiquer la pauvreté infantile

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Frédéric Lavignette

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