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Libération lance son premier débat sur la santé

Le quotidien Libération (pages 14 et 15) organise ce soir, à 19 heures à l'institut Pasteur de Paris, un débat sur le thème : "Sécu et mutuelles, marions-les ?" Il réunira le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, le directeur l'AP-HP, Martin Hirsch, et l'économiste de la santé, Brigitte Dormont. L'entrée est gratuite, mais l'inscription obligatoire (sur le site : www.liberation.fr/evenements/2-les-jeudis-de-la-sante/).

Qui n'a jamais entendu cette réflexion de son médecin : "Mais vous avez une bonne mutuelle ?" Le Pr Alfred Spira, qui conseille le quotidien pour le lancement de ses "Jeudis de la santé", répond, lui, par une autre question : "Comment réduire les inégalités ?" "Devant les questions de santé, on est dans une situation difficile, les choix sont délicats pour le citoyen, comme pour les décideurs, explique-t-il. Comment passer de l'individuel au collectif ? Comment expliquer le risque ?"

Pour Brigitte Dormont, membre du Conseil d'analyse économique, "le système de santé est devenu un millefeuille incompréhensible pour le citoyen". "En France, l'offre de soins est loin d'être pilotée, les tarifs ne sont plus maîtrisés, la couverture par la Sécurité sociale est à deux vitesses et la couverture totale dépend de la complémentaire dont on bénéficie", explique-t-elle dans un entretien à Libération (page 14).

"Il faut avant tout améliorer l'efficience du système, qui est particulièrement coûteux avec de mauvaises performances pour les inégalités dues au revenu", constate cette économiste. "Jusqu'à présent, poursuit-elle, toute la politique de maîtrise a pesé sur les patients, alors que ce ne sont pas eux qui prescrivent (…). Il faut plafonner les dépenses à la charge du patient, ce qui se fait partout, sauf en France."

Comment changer les règles du jeu, l'interroge le journaliste Eric Favereau. "Il faut responsabiliser les médecins. Rien ne changera si on ne touche pas à la liberté d'installation et au paiement à l'acte", répond Brigitte Dormont.

Et les complémentaires ? "Il y a les mutuelles qui ont une tradition de solidarité, les assurances privées qui sont dans une forte logique concurrentielle et les institutions de prévoyance, très liées aux syndicats dans le cadre des contrats collectifs", explique-t-elle. Ces acteurs sont en concurrence, mais est-ce que la "logique concurrentielle" s'oppose à la solidarité ?, questionne Libération. "Pas forcément", répond Brigitte Dormont, mais il "faut une régulation appropriée qui n'existe pas en France".

 

Stages infirmiers : les cliniques lèvent le boycott

Après avoir été reçue hier au minis­tère de la Santé, la Fédération hospitalière privée (FHP) a décidé que les cliniques privées pourront "rouvrir leurs portes aux stagiaires des écoles d'infirmières", rapportent Les Echos (page 4). "La ministre de la Santé a fait un pas dans la bonne direction. Nous accueillerons 9.000 nouveaux stagiaires en avril et en mai", a annoncé Jean-Loup Durousset, président de la FHP.

Depuis le 1er mars, cette dernière appelait les 1.100 cliniques privées à but lucratif à refuser les demandes de stages d'étudiants infirmiers. Près de 10.000 d'entre elles ont dû se rabattre sur les hôpitaux publics et les établissements associatifs.

Marisol Touraine a annoncé hier l'installation de "groupes de travail", portant en particulier sur "les conditions d'éligibilité des établissements privés à statut commercial aux aides à la contractualisation et à l'enveloppe du fonds d'intervention régionale, ou encore la mise en place de mesures de simplification".

"Ce sont des annonces symboliques, certes, mais c'est un geste de reconnaissance du rôle du secteur privé", a réagi le président de la FHP. Après avoir saisi le Conseil d'Etat et Bruxelles, le FHP s'apprête maintenant à présenter un dossier auprès de l'Autorité de la concurrence, indiquent Les Echos.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)