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Lévothyrox : la colère monte

Après les très nombreuses réactions de malades de la thyroïde contre la nouvelle formule de ce médicament, la ministre de la Santé a annoncé hier la création d'une mission d'information.

"Ce n’est pas un scandale sanitaire, mais c’est une crise d’information. Il n'y a pas de faute, il n'y a pas de fraude. Il n'y a pas de mise en danger de la vie des gens", a rassuré hier la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, au cours d'une conférence de presse. "Nous devons sortir du registre du drame et dédramatiser l’information autour du médicament. J’ai décidé de mettre en place une mission d’information sur cette question", a ajouté la ministre.

"Cela suffira-t-il à éteindre l’incendie, tant la légèreté a dominé dans la gestion de cette "crise d’information" ?" interroge Libération.

"Certains patients ont ressenti des effets secondaires indésirables et très gênants", a reconnu Agnès Buzyn. Mais ces effets devraient "s'estomper avec le temps", a-t-elle estimé, ajoutant que la majorité des trois millions de personnes traitées avec le Levothyrox aurait "un bénéfice" avec la nouvelle formule du médicament, plus stable, et qu'il ne fallait "pas revenir en arrière".

"Quand le nouveau Levothyrox est mis sur le marché, le dispositif pour l’encadrer est on ne peut plus léger, juge Libération. Aucun dispositif de surveillance n’est mis en place, alors qu’avec les données informatiques de l’assurance maladie, on pouvait surveiller au plus près et noter d’éventuelles répercussions."

Arrivent très vite des signalements d’effets secondaires : maux de tête, jambes lourdes, vertiges… Durant tout l'été, les centres de pharmacovigilance croulent sous les signalements d’effets indésirables liés au Levothyrox. Information démentie par la ministre, qui a précisé qu’il n’y avait à ce jour "aucun effet indésirable grave".

Plusieurs pétitions circulent sur Internet, dont l'une, qui réclame que "les laboratoires concernés reviennent à l'ancienne formule", a été signée par plus de 200 000 personnes. Hier, c’est la comédienne Anny Duperey qui a adressé une lettre ouverte à la ministre de la Santé, (http://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/levothyrox-le-cri-d-alarme-d-anny-duperey_2359383.html) pour dénoncer les effets secondaires liés à cette nouvelle formule.

"Rendez-nous l’ancienne formule du Levothyrox ! Ou tout du moins, laissez-nous le choix entre l’ancienne ou la nouvelle formule", affirme l’actrice avec véhémence après une série de symptômes "apparus très exactement" lors de la prise du médicament nouvelle formule. Et de citer "une fatigue intense, des crampes, des désordres intestinaux, des vertiges et des malaises très inquiétants".

Un témoignage comme tant d’autres. "Quand 3 millions de personnes prennent un médicament, il est naturel qu’apparaissent des réactions quand il y a des changements dans ce médicament. La politique élémentaire est de se donner les moyens de voir si c’est normal ou pas", estime un professeur de santé publique, dans Libération.

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John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)