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Lévothyrox : les dessous d’une polémique

Les nombreux signalements d'effets secondaires liés à la nouvelle formule du Lévothyrox, médicament contre les troubles de la thyroïde, n'ont pas été pris au sérieux. Une patiente vient de porter plainte contre le laboratoire Merck.

L'affaire du Lévothyrox, ce médicament contre les troubles de la thyroïde commercialisé par le laboratoire Merck, est la parfaite illustration de "l'incroyable légèreté des autorités", juge ce matin Libération, sous la plume d'Éric Favereau. A tel point que l'"on dirait un disque rayé".

"Une fois encore, les autorités sanitaires ont tout faux en matière de gestion des médicaments", estime le quotidien, qui rappelle la polémique qui s'est installée autour de la nouvelle formule de ce produit consommé "par plus de trois millions de personnes".

Cette dernière serait à l'origine de nombreux effets secondaires (problèmes digestifs, ballonnements, bouffées de chaleur, douleurs musculaires…) et de "plaintes de milliers de patients", auxquelles l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) n'aurait prêté qu'une oreille distraite.

Le Lévothyrox est un médicament "à marge thérapeutique étroite, c’est-à-dire que le dosage doit être on ne peut plus précis", rappelle Eric Favereau. Tout commence il y a quelques années, lorsque l'ANSM demande à Merck de modifier sa formule pour remédier à un léger surdosage. Le laboratoire s'exécute en jouant sur les "excipients, des ajouts chimiques qui servent à renforcer et stabiliser le produit central".

En mars 2017, le nouveau Levothyrox est mis sur le marché sans qu'aucun dispositif de surveillance ne soit mis en place. Très vite, arrivent les premiers signalements de patients, qui supportent mal la nouvelle composition. De plus en plus nombreux.

Mais "les autorités ne prennent pas la mesure de l’emballement", qui prend notamment la forme d'une pétition de 170.000 signatures, écrit Eric Favereau.

"La polémique autour du Levothyrox a pris un nouveau tour vendredi avec l'annonce du dépôt d'une première plainte par une patiente contre Merck pour mise en danger de la vie d'autrui", poursuivent Les Echos.

"J'ai déposé plainte, car nous n'avons pas été informés d'un changement de formule, rien dans la notice ne l'indique", explique cette dernière, considérant qu'"il y a bien une négligence fautive du laboratoire Merck et une faute de celui qui a ordonné le changement de la molécule sans indiquer les conséquences possibles de ce changement".

Effet collatéral de cette gestion à la légère : face aux effets indésirables de la nouvelle formule, nombre de patients ont opté pour un traitement alternatif, sous forme de gouttes, principalement destiné aux enfants, la L-Thyroxine.

Or, soulignent Les Echos, l'éventualité d'une pénurie de la L-Thyroxine n'est pas nulle, avec le "risque de priver des enfants d'un traitement indispensable".

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Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)