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Levothyrox : défaut d’information, absence d’anticipation

Les récentes plaintes contre la nouvelle formule du Levothyrox soulignent les carences des autorités sanitaires en matière de communication auprès des patients et des professionnels.

Bien des médicaments ont déjà soulevé la polémique et mis les autorités sanitaires dans l'embarras. Or, malgré les expériences passées, la récente affaire liée à la nouvelle formule du Levothyrox montre qu'il leur est toujours difficile de gérer ce type de crises. Fin mars 2017, rappelle Le Monde, ce traitement, prescrit à 3 millions de personnes pour soigner l'hypothyroïdie, change de formule. Des milliers de patients font état d'effets indésirables et une pétition réclamant le retour de l'ancienne formule récolte 312.000 signatures. Pour éviter la nouvelle version du médicament, certains parviennent à se procurer l'ancienne encore disponible dans les pays voisins.

En octobre, 200.000 boîtes de Levothyrox ancienne formule ont finalement été importées. Il a été demandé à son fabricant, le laboratoire Merck, d'en livrer 200.000 de plus d'ici à la fin de l'année. Celui-ci puisera dans ses stocks pour les fournir, et les distribuera sous le nom d'Euthyrox, afin d'éviter la confusion avec la nouvelle version qui a conservé le nom d'origine.

La situation devrait être temporaire, car "le retour à l'ancienne formule est définitivement écarté", prévient Le Monde. Reste à savoir ce qui se passera par la suite, une fois que cette quantité de médicament sera épuisée.

Le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), Dominique Martin, annonce la couleur : "A un moment, il n'y aura plus d'ancienne formule nulle part dans le monde." D'autres pays, tels que les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande, le Danemark ou Israël ont déjà modifié la formule de leurs levothyroxines.

Ce qui a manqué à la France, admet l'ANSM, c'est une information efficace et rassurante sur le nouveau traitement. Au lieu de prévenir les professionnels de santé par 400.000 courriers, il eût mieux valu recourir au numérique. Par exemple, via une application pour smartphone destinée aux médecins et une autre destinée aux patients. Mais l'ANSM n'a pas anticipé, faute de moyens, dit-elle.

Quid des effets indésirables signalés par les patients et des plaintes déposées en justice ? Pour Dominique Martin, "aucun lien ne peut être établi, aucun élément ne permet de dire que la nouvelle formule est toxique. Si on avait le moindre doute, on aurait pris des mesures".

Pour expliquer l'ampleur du phénomène, écrit Le Monde, "une partie de la communauté médicale évoque l'effet nocebo – inverse du placebo – selon lequel le fait de connaître les effets secondaires du médicament accroît le risque d'en être victime". Une interprétation contestée par la présidente de l'association Vivre sans thyroïde, Beate Bartès, pour qui "l'effet de panique a sans doute accentué les troubles, mais cela n'explique pas tout puisque certains patients ne savaient pas que la formule avait changé".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)