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Levothyrox : 17.000 signalements d’effets indésirables

Plus de 17.000 patients traités avec la nouvelle formule du Levothyrox ont signalé des effets indésirables, indique un rapport de l'Agence de sécurité du médicament, publié le 30 janvier 2018.

"Fatigue, vertiges, douleurs musculaires, pertes de cheveux, idées suicidaires… les plaintes des patients ont atteint un pic en juin-juillet 2017, soit trois mois après l’arrivée de la nouvelle formule du Levothyrox", rapporte ce matin Le Figaro. "Ce qui laisse supposer que […] ces effets se manifestent rapidement après le changement de formule", souligne le rapport publié le 30 janvier 2018 par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

"Le total de patients traités au Levothyrox (laboratoires Merck), dont la nouvelle formule a suscité de nombreuses plaintes depuis l’été, est estimé à 2,3 millions, ajoute Le Monde. Les 17.310 patients ayant signalé des effets indésirables représentent donc 0,75% des personnes traitées.

"Nous ne constatons pas de nouvel effet indésirable par rapport à l’ancienne formule contenant du lactose", insiste Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l’Agence nationale de sécurité du médicament, interrogée par Le Figaro. Mais le nombre de signalements d'effets indésirables avec la nouvelle formule est inédit.

"Si dans une minorité de cas, le changement de médicament a provoqué des variations de taux de TSH (taux d’hormone thyroïdienne) pouvant expliquer ces symptômes, deux tiers des patients sont bien dosés", souligne, toujours dans ce quotidien, Beate Bartès, présidente de l’association Vivre sans thyroïde.

Reste que dix-neuf cas de décès ont été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance (BNPV) chez des patients traités avec la nouvelle formule  du Levothyrox. Pour l'heure, le rapport indique qu’on ne peut "retenir ou exclure formellement" cette dernière pour expliquer ces décès, tandis que l’Agence de sécurité du médicament considère qu'"il n’y a pas de lien établi" avec la nouvelle formule.

"Ce qui me préoccupe le plus aujourd’hui est le fossé qui se creuse entre les affirmations d’une élite médicale et la parole des patients, déclare Claude Pigement, vice-président de l'ANSM, dans un entretien au Parisien.
Depuis des mois, deux mondes existent sans se rencontrer : celui des sachants et celui de ceux qui vivent avec la réalité de leurs effets indésirables." "Il y a indéniablement eu un manque de réactivité de l’Agence. Elle a sous-estimé la sensibilité de ce médicament et n’a pas délivré l’information adéquate, reconnaît cet hépatologue. (…) Il faut en tirer les leçons et repenser les outils de santé publique comme imaginer des alertes en rouge sur les ordinateurs des médecins".

 

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John SUTTON

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)