Levée de boucliers contre le forfait hospitalier

La hausse prévisible du forfait hospitalier suscite de nombreuses réactions négatives de la part des syndicats, des associations d'usagers et de l'opposition. Ainsi, le président (CFDT) de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam), Michel Régereau, met en garde le gouvernement contre les "effets pervers" d'une telle mesure, "notamment pour les patients hospitalisés qui ne bénéficient pas d'une assurance complémentaire et ceux dont la prise en charge est plafonnée par les complémentaires".

"L'augmentation du forfait journalier hospitalier ne figure absolument pas parmi les propositions qui avaient été remises au gouvernement en juillet dernier par les conseils des caisses d'assurance maladie", a tenu à préciser Michel Régereau, dans Les Echos (page 3).

De son côté, la Fnath (accidentés de la vie) juge "inacceptable et extrêmement choquante" cette mesure, souligne le quotidien économique. Les associations d'usagers craignent aussi que le relèvement du forfait hospitalier accentue la "démutualisation" des plus défavorisés, comme les jeunes et les personnes âgées, souligne La Croix (page 3). "On risque d'avoir un pourcentage de plus en plus important de familles qui y renoncent, car les cotisations vont forcément augmenter", estime Nathalie Letellier, chargée de mission à l'Union nationale des associations familiales (Unaf). Selon Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain, qui s'exprime dans L'Humanité (page 3), "on est en train de détruire un système solidaire, issu de la Libération pour mettre en place la grande valse des assureurs".

Les syndicats sont également unanimes à dénoncer ce projet. Pour la CGT, cela confirme "qu'une fois les franchises mises en place, leur augmentation devient, pour les gouvernements successifs, la solution de facilité". "Ce sont les classes moyennes qui sont frappées par le forfait journalier, celles qui n'ont ni CMU, ni complémentaire santé", explique Gaby Bonnand (CFDT), dans Le Figaro-économie.

Autre projet du gouvernement : la baisse de remboursement de certains médicaments. Il ne s'agit pas de l'aspirine ou du paracétamol, comme évoqué ce week-end, mais "d'une liste restreinte de produits", actuellement pris en charge actuellement à 35% et dont le taux de remboursement passerait à 15%, expliquent Les Echos (page 3). Dans cette catégorie, pourraient figurer des vasodilatateurs et certains anti-arthrosiques, dont le service médical rendu (SMR) est jugé insuffisant, avance le quotidien.

Sur ce sujet, Vincent Collen rappelle que les organismes complémentaires "plaident pour un retrait total de la prise en charge de l'assurance maladie pour ces produits sans passer par le stade intermédiaire de 15%". En 2006, la Mutualité Française avait recommandé à ses mutuelles adhérentes de suivre l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS) sur les veinotoniques en ne remboursant pas les produits signalés d'une vignette orange.
Enfin, le gouvernement évoque une autre piste pour réduire le déficit de la Sécu : la baisse des tarifs de certains spécialistes comme les biologistes et les radiologues, relève La Tribune (page 5). L'économie ainsi réalisée pourrait atteindre les 250 millions d'euros. D'autres spécialités "aisées" pourraient être visées, notamment les anesthésistes. Le gouvernement rendra ses arbitrages pour la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Selon le quotidien économique, elle devrait se tenir le 1er octobre.

Grippe A : appel pour la gestion démocratique d'une pandémie

Sous le titre de "une", "Grippe A : Menaces sur les libertés", Libération publie un "appel pour une gestion démocratique de la pandémie". Le quotidien note que "toute la communication est désormais sous la responsabilité du seul ministre de l'Intérieur" et déplore le manque d'échanges sur le sujet. Or, comme le souligne Emmanuel Hirsch, responsable de l'espace Ethique de l'Assistance publique et signataire de l'appel, "il y a des enjeux éthiques et démocratiques qui se posent dans toute gestion d'une pandémie". Les signataires de l'appel, intitulé "Notre souci : préserver la démocratie", réclament notamment que la gestion de la situation actuelle ne se résume pas à une "seule riposte technico-médicale", mais demande l'ouverture d'un débat au-delà du "cénacle des experts". Parmi eux, se trouvent des prix Nobel et des professeurs de médecine impliqués dans la lutte contre le sida, comme Françoise Barré-Sinoussi ou Willy Rozenbaum, mais aussi des responsables d'ONG ainsi que des responsables politiques de l'opposition et des syndicalistes.

John Sutton

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