L’état de santé des Français, reflet des inégalités sociales

Si 70% des Français déclarent que leur état de santé est "bon" ou "très bon", les indicateurs d'état de santé varient fortement selon les catégories socio-professionnelles, au détriment des foyers défavorisés, relève l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) dans son enquête Santé et protection sociale.

Les Français sont 70% à juger leur état de santé "très bon ou bon". Ils sont 23% à le considérer "assez bon" et 7% "mauvais ou très mauvais". C'est ce qu'il ressort de l'enquête bisannuelle "Santé et protection sociale" (ESPS) de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), qui vient d'être publiée, et dont fait état Le Figaro.

Cette enquête porte sur l'état de santé perçu des Français (10.000 ménages et 26.500 personnes de 15 ans et plus ont été interrogés), mais aussi sur l'existence de maladies chroniques et sur les limitations fonctionnelles. "D'autres questions portent sur l'accès aux services de santé et aux assurances complémentaires mais les résultats seront publiés ultérieurement", précise l'Irdes, cité dans Le Figaro..

Premier constat de cette étude : "Des inégalités sociales persistent lorsque l'on regarde le métier de référence du foyer". Ainsi, les agriculteurs "ont les plus mauvais scores de santé". Un résultat "à mettre en relation avec l'âge moyen élevé de cette population".

En tenant compte du sexe et de l'âge, les ouvriers non qualifiés déclarent le plus mauvais état de santé. Viennent ensuite les employés administratifs ou de commerce puis les ouvriers qualifiés, poursuit le quotidien.

A l'autre bout de l'échelle sociale, les Français se disent en meilleure santé. Les cadres et professions intellectuelles supérieures ont en effet déclaré le moins de maladies chroniques ou de limitations fonctionnelles, et c'est dans ces catégories socioprofessionnelles (CSP) que sont le moins représentés les cas d'obésité (8,2%) et de tabagisme (15%).

Certes, observe l'étude, le taux de fumeurs est encore moins élevé chez les agriculteurs (8,1%), mais, chez ces derniers le taux d'obésité est plus haut : 20,1%. Pour leur part, les ouvriers non qualifiés cumulent à la fois les plus forts taux d'obésité (19,1%) et de tabagie (29,7 %).

Si la France parvient à être proche de la moyenne européenne en ce qui concerne l'obésité (27 pays se plaçant devant elle), il n'en est pas de même pour le tabac avec ses 22% de fumeurs quotidiens, contre 19% pour la moyenne européenne. Parmi ceux-là, les 25-34 ans sont représentés à 41% (32% fument quotidiennement et 9% occasionnellement).

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Frédéric Lavignette

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