Les tarifs des dentistes augmentent au 1er mai

A partir du 1er mai 2006, les tarifs des soins courants effectués par les chirurgiens-dentistes augmentent. En contrepartie, les praticiens se sont engagés à développer la prévention bucco-dentaire auprès des enfants.

Traitement des caries, dévitalisations, extractions de dents : les tarifs de ces soins, effectués fréquemment par les chirurgiens-dentistes, augmentent à partir du 1er mai 2006. Cette hausse est le résultat d’un accord passé entre l’assurance maladie obligatoire et deux syndicats dentaires le 17 mars 2006. Ces soins courants constituent les deux tiers de l’activité des dentistes mais seulement un tiers de leurs honoraires.

Des augmentations de + 13 % à + 60%

Le traitement d’une carie passera ainsi de 14,46 euros à 16,87 euros et la dévitalisation d’une molaire sera facturée 81,94 euros au lieu de 60,25 euros. Autre exemple : l’extraction d’une dent coûtera 33,44 euros, contre 20,90 euros auparavant, soit une augmentation de 60% ! Les augmentations négociées par les dentistes s’échelonnent ainsi de 13% à 60%.

La Mutualité Française regrette que l’accord ne valorise pas assez les soins précoces, qui permettent par exemple de conserver une dent, au profit des soins qui préparent à la pose d’une prothèse (dévitalisation, extraction). Ces augmentations devraient contribuer à une hausse de 5 % des honoraires, estime, par ailleurs, la Mutualité.

Développer la prévention bucco-dentaire

Parallèlement à ces augmentations, les dentistes se sont engagés à effectuer des examens de prévention bucco-dentaire pour les enfants et les adolescents de 6, 9, 12, 15, et 18 ans. Jusqu’à présent, un bilan bucco-dentaire était réservé aux 13-18 ans. Les éventuels soins qui en découleront seront pris en charge pendant 6 mois à 100 % par la Sécurité sociale, à l’exception des prothèses et de l’orthodontie. Le montant de ces consultations de prévention a été fixé à 25 euros.

Pas de baisse pour les prothèses

L’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam), l’instance de représentation des complémentaires santé, regrette que cet accord ne prévoit aucun "engagement de modération de la part des dentistes sur les dépenses de prothèses, au coût dissuasif pour un certain nombre de patients."

De fait, si la pose de prothèse correspond à un tiers de l’activité des dentistes, elle représente 66% de leurs honoraires. Les chirurgiens-dentistes se sont seulement engagés à ne pas augmenter le prix des prothèses. "Malheureusement il n’existe aucune garantie que cet engagement soit respecté dans les faits, déplore Daniel Lenoir, directeur général de la Mutualité Française.