Les salariés sont plus attachés au maintien de leur complémentaire qu’à une augmentation de salaire

Près d'un tiers des salariés du secteur privé aurait renoncé à des soins pour des raisons financières, au cours des douze derniers mois : c'est ce qui ressort d'une enquête réalisée par YouGov pour le cabinet de conseil Mercer, rapportent Les Echos (page 28). Le renoncement aux soins est, sans surprise, plus important chez les personnes ne bénéficiant pas d'une couverture d'entreprise (37%), mais néanmoins il n'épargne pas les salariés couverts par un contrat collectif (28%).

"Ces résultats sont d'autant plus frappants dans le contexte actuel", celui de la généralisation de la couverture complémentaire à l'ensemble des salariés. Ils confirment surtout l'attachement des salariés à leur complémentaire. En effet, la majorité des salariés interrogés préfèrerait le maintien de la contribution des employeurs à leur couverture santé à une augmentation de salaire équivalente. Cette enquête montre aussi que les salariés "ne sont pas prêts à sacrifier la qualité des garanties, qui reste leur premier critère de choix".

Les Echos s'intéressent également à l'ultime étape de la longue application des dispositions sur la prévoyance collective intégrées à la loi Fillon sur les retraites d'août 2003. Ce texte, rappelle-t-on, a réservé le traitement fiscal et social de faveur aux contrats collectifs à caractère obligatoire au détriment des contrats facultatifs. En apparence aisée, la distinction s'est révélée en pratique d'une "extraordinaire complexité" pour les entreprises privées qui ne proposaient une complémentaire santé qu'à certaines catégories de salariés, explique Laurent Thévenin. D'où un décret sur les "catégories objectives" de salariés de janvier 2012, fort attendu par les organismes d'assurance, suivi d'une circulaire d'application de septembre 2013, repoussant au 30 juin 2014 la mise en conformité des contrats.

A partir du 1er juillet 2014, rapportent donc Les Echos, les entreprises devront proposer un régime de frais de santé "à l'ensemble de leurs troupes". "Cela représente un coût pour elles puisqu'elles devront financer une complémentaire santé sur une base plus large", indique un courtier au quotidien économique. Le nombre de personnes qui basculeront ainsi vers une complémentaire santé d'entreprise ne serait pas négligeable : environ 1,3 million de salariés, selon le cabinet Mercer.

 

Réévaluation des benzodiazépines

"La Haute Autorité de santé (HAS) mène actuellement un travail de réévaluation des benzodiazépines à visée hypnotique, qui devrait être achevé avant l'été et qui précède un travail sur les benzodiazépines anxiolytiques", indique le ministère de la Santé. Cette étude a pour but de réexaminer leur service médical rendu (SMR), qui conditionne leur remboursement, mais aussi leur "amélioration du SMR", qui détermine leur place dans la stratégie thérapeutique, précise Le Monde science & médecine (page 2). A cette occasion, le quotidien publie une enquête sur la "longue inertie sanitaire" vis-à-vis de "l'overdose nationale" de benzodiazépines.

"Dans une société marquée par l'incertitude et l'angoisse au quotidien, certains patients se tournent vers le mé­decin pour trouver des palliatifs médicamenteux", explique, dans le supplément du Monde, le Pr Pierre Louis Druais, président du Collège de la médecine générale. "Ce n'est pas toujours facile pour certains médecins de résister à cette pression, surtout quand le sys­tème encourage les consultations de courte durée", explique-t-il.

"L'arrêt de la commercialisation de ces produits serait une mesure de salubrité publique. Je ne connais pas aujourd'hui d'indications médicales de ces produits, hormis des cas très spécifiques et ponctuels de sidération violente, et pour des indications très courtes", estime le Pr Druais.

John Sutton et Pascal Lelièvre

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