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Les revenus des médecins au scanner

L'Express (pages 76 à 84) publie cette semaine de larges extraits de l'ouvrage collectif dirigé par Jean de Kervasdoué. Intitulé Le revenu des professions de santé, il est édité par la Mutualité Française et Economica. Ce livre "montre qu'il existe des rentes dans ce secteur, écrit L'Express, mais aussi que l'évolution des revenus ne dépend pas de la qualité des soins, ni même du prix de l'acte médical, puisque l'Etat ne contrôle pas les volumes."

En 2013, observe Jean de Kervasdoué, la France comptait 88.000 médecins généralistes, dont 49.000 exerçaient en libéraux (59%). Sur ce nombre, 90% sont conventionnés en secteur 1 (sans dépassement d'honoraires), 9% en secteur 2, et 1% n'est pas conventionné et pratique des honoraires libres. Sur tout ce panel, l'analyse des honoraires bruts moyens annuels montre que les praticiens en secteur 1 gagnent légèrement plus (141.000 euros) que ceux en secteur 2 (139.000 euros).

La répartition géographique détermine en partie le niveau de ces revenus. Il n'est pas rare de constater, par exemple, un écart de revenus de 50% entre des médecins en secteur 1 du département du Pas-de-Calais et ceux de Savoie. Selon l'ouvrage, les généralistes gagnent en effet "mieux leur vie quand la population est plus pauvre" ou dans les "départements les moins bien lotis par la démographie médicale".

Sur les vingt dernières années, le tarif de l'acte a, en moyenne, peu progressé (+ 2,5% en prix courants). Le volume des actes et la valeur des prescriptions ont en revanche respectivement augmenté de 42% et de 40%. Conclusion des auteurs : "Les médecins ayant eu un tarif quasiment bloqué pendant vingt ans, ils ont augmenté le volume de leur activité et le montant de leurs prescriptions, ce qui démontre les limites de la seule limitation des tarifs !"

Côté spécialistes (médicaux et chirurgicaux confondus), leur nombre s'élevait à 105 700 médecins en 2013 : 52% exerçaient dans le secteur public, 43,5% dans le privé et le restant dans une catégorie dite "mixte". Le total de leurs honoraires s'élevait en 2011 à 13,3 milliards d'euros "répartis pour 57% en secteur 1, et pour 43% en secteur 2".

Généralement, ces praticiens s'installent dans des zones peuplées et privilégient le soleil, les bords de mer ou encore la montagne. "Quand ils ne peuvent s'inscrire au secteur à honoraires libres, ils choisissent les zones les moins denses et “font des actes” pour atteindre un niveau de revenu somme toute assez proche de celui de leur confrère à honoraires libres", relève l'ouvrage.

A ce titre, précise par ailleurs Le Figaro (page 20), l'assurance maladie a présenté hier à l'Observatoire des pratiques tarifaires – constitué de représentants des médecins, des complémentaires santé et de la Sécu –, un prérapport sur les dépassements d'honoraires. "Il en ressort que les 29.000 médecins pratiquant des tarifs libres ont légèrement modéré leurs honoraires depuis le début de l'année", puisque ceux-ci sont passés de 55,1% du tarif Sécu en 2013 à 54,5% en 2014.

"Les médecins ayant baissé le plus leurs tarifs, détaille le quotidien, sont les pédiatres, les dermatologues, les endocrinologues, les psychiatres et les gynécologues."

A lire aussi – Vers une révision des allocs des fonctionnaires

Dans la foulée de la réforme des allocations familiales, le gouvernement pourrait revoir le "supplément familial de traitement" (SFT) versé aux fonctionnaires qui ont des enfants, prévient Le Figaro (page 17). Aujourd'hui, quatre agents de la Fonction publique sur dix bénéficient de ce "supplément de sa­laire" créé en 1917, qui augmente selon le nombre d'enfants et proportionnellement au salaire. En 2012, ce SFT a coûté 2,3 milliards d'euros à l'Etat.

"Pour défendre ce système qui ne profite qu'aux fonctionnaires, écrit Le Figaro, les syndicats avancent qu'il s'agit d'un choix de "l’Etat employeur". Mais ils acceptent l'idée de le transformer en forfait, ne variant qu'en fonction du nombre d'enfants à charge et non plus parallèlement aux salaires." Déjà sujet à ré­forme en 2010, le SFT avait survécu car "les négociations avaient alors achoppé sur les montants, jugés insuffisants par les syndicats".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)