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Les retraités dépensent 121 euros par mois en moyenne pour une complémentaire

Quelque 86% des personnes actives et 98% des retraités sont couverts par une couverture complémentaire santé, selon un sondage de l'institut d'études Odoxa, réalisé pour la Caisse d'Epargne et Le Parisien/Au­jourd'hui (page 10). Selon Céline Bracq, directrice générale d'Odoxa, ce chiffre indique qu'"en dépit de la baisse du pouvoir d'achat, la santé reste une préoccupation". "Pourtant, son prix grimpe en flèche, après la fin de l'activité professionnelle", observe Le Parisien.

Quand les actifs dépensent en moyenne 72 euros par mois pour une complémentaire santé, les retraités y consacrent un budget de 121 euros. Depuis sa retraite, il y a dix ans, Denis, ancien ingénieur, a dépensé, selon ses calculs, près de 10.000 euros. "Cela me révolte, ce n'est pas de notre faute si on est vieux", s'insurge-t-il, dans Le Parisien/Aujourd'hui. Pourtant, il n'est pas le plus à plaindre, car il a continué à bénéficier de la mutuelle de son entreprise. Mais sa cotisation est passée de 35 euros (son employeur payant les 35 euros restant) à 105 euros.

"Certains ont abandonné l'idée d'une complémentaire, témoigne Denis. C'est grave parce qu'ils renoncent à changer de lunettes ou leurs appareils auditifs. Bon courage pour en trouver une à 90 ans ! Personne ne les prendra." Ce retraité compte entreprendre une action collective contre l'augmentation du tarif des complémentaires en fonction de l'âge.

Le Défenseur des droits avait déjà tranché la question en estimant que la progressivité des tarifs en fonction de l'âge ne constituait pas une discrimination, mais pouvait se justifier par la couverture d'un risque accru, rappelle le quotidien, qui ne distingue pas les complémentaires santé selon leur na­ture. Une étude de la Drees, publiée en septembre 2013, établit pourtant que 60% des plus de 60 ans ont choisi d'être couverts par une mutuelle, au niveau individuel, contre 18% par une assurance commerciale. En effet, explique la Drees, "par rapport aux contrats individuels offerts par les mutuelles, les contrats individuels des sociétés d'assurance ont plus souvent un tarif accélérant avec l'âge". En revanche, pour 75% des contrats des mu­tuelles, les cotisations progressent moins vite ou proportionnellement à l'âge.

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Emploi, accessibilité et accompagnement médico-social seront les grands thèmes de la Conférence nationale du handicap, organisée ce matin à l'Elysée. Les associations réclament des solutions concrètes pour les personnes sans structure d'accueil ou celles vivant en dessous du seuil de pauvreté. "C'est l'opération de la dernière chance pour le gouvernement et pour François Hollande, qui vont devoir définir clairement la politique qu'ils entendent mener en faveur des personnes handicapées", es­time, dans La Croix (page 9), Christel Prado, présidente de l'Unapei, fédération de familles de personnes handicapées mentales.

Un collectif regroupant six associations juge "inacceptables" les délais supplémentaires, accordés par une ordonnance d'octobre, pour la mise en accessibilité des établissements recevant du public (ERP) et des transports aux handicapés. En juillet dernier, Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées, estimait à 330.000 les établissements recevant du public aux normes, sur un nombre total supérieur à un million.

Ce matin, les associations comptent aussi évoquer la question des "sans solution", c'est-à-dire des enfants et des adultes handicapés qui ne trouvent aucune structure d'accueil adaptée à leur situation. En juin dernier, le conseiller d'Etat Denis Piveteau a remis au gouvernement un rapport intitulé "Zéro sans solution", mais l'Unapei dénonce les retards pris dans sa mise en œuvre. "Aujourd'hui, 13.000 enfants handicapés sont toujours sans solution d'éducation et 6.500 personnes handicapées mentales sont “exilées” en Belgique", déplore Christel Prado.

Autre dossier sensible, celui des ressources. Un million de personnes handicapées vivent actuellement avec 800 euros par mois (le montant de l'allocation adulte handicapée). "J'espère que le président saura mesurer l'extrême pauvreté dans laquelle vivent beaucoup de ces personnes. Faute de ressources suffisantes, certaines sont obligées de faire un choix : soit manger, soit se soigner, soit acheter un fauteuil roulant pour se déplacer", dénonce, dans La Croix, Patrice Tripoteau, directeur général adjoint de l'Association des paralysés de France (APF).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)