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Les retraités défendent leur pouvoir d’achat

Les retraités ont manifesté leur grogne le 3 octobre 2018, dans les rues de Paris. Ils s'élèvent contre diverses mesures gouvernementales qui grèvent leur pouvoir d'achat et dénoncent le gel de leurs pensions.

Hier, mercredi 3 octobre 2018, quelque trois cents retraités ont manifesté à Paris pour défendre leur pouvoir d'achat impacté à plus d'un titre par les réformes du gouvernement. A l'appel de neuf organisations syndicales parmi lesquelles la CGT, FO, FSU, Solidaires, CFTC et la CFE-CGC, ils se sont rassemblés place de la République. Une partie d'entre eux a ensuite déposé à l'Assemblée nationale, une pétition réclamant "la suppression de la hausse de la CSG ainsi que la revalorisation des pensions", rapporte Le Figaro.

Depuis le vote du projet de loi de finances pour 2018, rappelle le quotidien, près de 60% des retraités ont vu leur CSG augmenter de 1,7 points. Cette hausse vise à compenser dans les caisses de l'Etat le manque à gagner lié à la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé. Pas moins de 7,5 millions de retraités sont concernés, les 40% restants étant soit exonérés de CSG, soit soumis à une CSG au taux réduit.

A cette mesure gouvernementale, s'est ajoutée l'annonce, dans le courant de l'été, de la désindexation des pensions par rapport à l'inflation. Ainsi, explique Le Figaro, "les pensions de retraite n'augmenteront que de 0,3% pour 2019 et 2020 alors que l'inflation vient de passer les 2% en rythme annuel".

Face à la montée de la grogne, l'exécutif s'est récemment senti obligé de réagir, consentant un geste fiscal en faveur de 300.000 retraités dont le revenu fiscal de référence se situe juste au-dessus du seuil retenu pour la hausse de la CSG. Geste insuffisant, à en croire les manifestants rencontrés hier par L'Humanité, qui exigent en plus de la suppression de la hausse de la CSG,,et de la revalorisation des pensions, "le rattrapage des pertes subies depuis des années". Selon eux, rapporte le quotidien, ces mesures sont d'autant plus "injustes" que "le gouvernement multiplie les gestes en faveur de la fiscalité du capital".

Interrogés par Le Monde, certains retraités s'estiment "trahis par la nation". A l'image de Jean-Claude, 70 ans et ancien professeur d'histoire : "Toute ma vie, j’ai défendu les valeurs de la République, et maintenant j’ai juste l’impression que je coûte un pognon de dingue !" Un autre s'indigne qu'on lui impose de telles mesures au nom de la "solidarité générationnelle", alors qu'il n'a pas attendu le gouvernement pour aider ses "enfants en galère".

Face à tous ces griefs, le gouvernement vient de nommer 38 "ambassadeurs retraite", composés de 35 députés LaREM et MoDem, ainsi que 3 sénateurs. Leur mission, détaille Le Figaro : "Expliquer et relayer sur le terrain" la réforme des retraites en préparation.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)