Les radiologues appelés à faire des économies

Chaque année, près de 6 milliards d'euros sont déboursés par l'assurance maladie afin de couvrir les dépenses d'imagerie médicale ambulatoire. Estimant ce montant bien trop élevé, la Cour des comptes a proposé, dans un rapport publié le 11 mai 2016, la mise en place d'un plan d'économies de 293 millions d'euros sur trois ans.

"Le montant des économies envisagées atteint même 643 millions, si l'on se réfère à la progression tendancielle des dépenses", précisent Les Echos.

D'après certaines études, près de 40% des examens (IRM, échographies et scanners) pourraient être évités car ils ne sont pas pertinents. "Un gâchis pour le contribuable et le patient", commentent Les Echos.

Les économies ainsi réalisées pourraient financer des projets d'imagerie plus innovants, par exemple en médecine préventive ou en chirurgie assistée par radio et effectuées par les radiologues. "Les biopsies mammaires que nous réalisons coûtent déjà de 3 à 10 fois moins cher qu'une intervention chirurgicale classique", souligne à ce titre Jean-Philippe Masson, le président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR).

Alors qu'ils sont en train de négocier leur convention professionnelle avec l'assurance maladie pour 2017-2019, les radiologues ont plutôt froidement accueilli la proposition d'économies de la Cour des comptes.

Pour Jean-Philippe Masson, les efforts entrepris de leur côté depuis sept ans sont déjà bien suffisants : "Nous avons déjà économisé 900 millions d'euros sur les montants remboursés, soit une progression des dépenses de 1,5% par an, bien inférieure à la progression globale des frais d'assurance maladie", fait-il valoir dans Les Echos.

Par ailleurs, rappelle le représentant de la profession, les équipements actuels sont coûteux et ne sont amortis qu'au bout de cinq à sept ans.

Les radiologues partagent toutefois la recommandation de la Cour des comptes qui préconise la mutualisation des forces et des équipements. Celle-ci permettrait notamment de faire face à "la pénurie de radiologues à l'hôpital public", écrivent Les Echos, "quitte à installer des radiologues libéraux dans l'hôpital, comme le permet la loi Santé".

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Frédéric Lavignette

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