croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Les pistes d’économies de l’assurance maladie

Avec la présentation de son rapport annuel en conseil d'administration, la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a dévoilé hier plusieurs "mesures concrètes" visant à réaliser des économies sur les dépenses de santé. Comme le rappelle Le Figaro (page 20), la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a fixé un objectif de 3,5 milliards d'euros d'économies en 2015, et de 10 milliards d'ici à 2017.

Certaines des propositions avancées hier "ont déjà été maintes fois évoquées, indiquent Les Echos (page 5), notamment le développement de la chirurgie ambulatoire (hospitalisation à la journée). Mais d'autres sont moins fréquemment avancées, comme la réduction des séjours post-accouchement à l'hôpital."

L'assurance maladie, poursuit Le Parisien (page 8), propose en effet d'écourter d'une journée en moyenne l'hospitalisation lors d'une naissance par voie basse. A la différence de ce qui est observé dans les autres pays européens, les femmes françaises et leurs nouveau-nés restent 1,2 jour de plus en observation hospitalière, soit 4,2 jours contre 3 ailleurs.

Réduire la durée du séjour en ma­ternité est non seulement "possible", estime l'assurance maladie, mais permettrait de dégager 280 millions d'éco­­nomies, sur un total de dépenses et de prestations évalué à 9,1 milliards en 2012. A la sortie de l'établissement, un suivi et un accompagnement à domicile seraient en revanche aménagés pour faciliter le retour à domicile de la mère et de l'enfant.

Des interventions à domicile pourraient également être envisagées pour le traitement de la dialyse des personnes en insuffisance rénale. Pour mémoire, indiquent Les Echos, les dialyses ont représenté en 2012 un coût de 2,8 milliards, soit environ 63.000 euros par an et par patient. Et pour cause : "En France, la quasi-totalité des patients sont traités dans des centres spécialisés, à raison de quatre heures en moyenne trois fois par semaine. Seuls 6% sont traités à domicile." Selon Le Figaro, l'intervention à la maison "coûte 13.300 euros de moins par an que si elle est réalisée en établissement".

Autre piste d'économie suggérée par la Cnam : la diminution des dépenses d'IRM, lesquelles ont progressé de 5,8% l'an passé, "soit deux fois et demie plus rapidement que l'ensemble des dé­penses de santé", écrit le quotidien. Une économie de 60 millions d'euros pourrait être obtenue en réduisant de 15% les IRM des membres inférieurs, ainsi que ceux du rachis, et ce, sans perte de chance pour les patients.

La Cnam suggère aussi aux médecins de limiter leurs prescriptions : si les 23% de ceux "qui prescrivent en moyenne plus de 300 euros de médicaments s'alignaient sur ce chiffre (déjà élevé), la Sécu économiserait 400 millions d'euros", rapporte Le Figaro. Rien qu'en antidépresseurs, observe le rapport de la Cnam, la Sécu a effectué 560 millions d'euros de remboursements en 2012. Elle estime de surcroît que l'usage des antidépresseurs est "non optimal", car plus de la moitié des patients interrompent leur traitement en cours de route.

Pour l'heure, aucune piste ne semble particulièrement privilégiée par la ministre de la Santé. Selon Les Echos, "Marisol Touraine attend aussi le deuxième rapport de l'assurance maladie, plus financier, qui doit être examiné le 3 juillet par le conseil d'administration pour aider le gouvernement à préparer le budget de la Sécurité so­ciale, qui sera présenté à la rentrée".

 

Bientôt l'heure du choix pour la Mutuelle générale

La Mutuelle générale ne désignera pas son futur partenaire avant le début du mois de septembre. Lors de son conseil d'administration qui s'est tenu hier, signalent Les Echos (page 31), la troisième complémentaire santé de France a en effet décidé de "s'octroyer un délai de réflexion supplémentaire avant d'arrêter son choix sur l'un des deux groupes de protection sociale" que sont Malakoff Médéric et Humanis.

Fixée au 3 septembre, cette annonce d'un rapprochement attendu depuis déjà longtemps devrait, selon la Mutuelle générale, lui permettre de "constituer un modèle précurseur dans le secteur de l'économie sociale et solidaire, avec la création du premier groupe d'assurance de personnes en France, reposant sur deux piliers équilibrés paritaire et mutualiste".

De leur côté, grâce à ce partenariat, les deux candidats franchiraient "un pas de géant", écrivent Les Echos, qui pointent les différences entre les deux prétendants. Les fonds propres de Malakoff Médéric sont en effet de 3,8 milliards d'euros et le groupe a dégagé en 2013 un résultat net de 172 millions d'euros. Pour ce qui est des fonds propres d'Humanis, ils s'établissent à 1,3 milliard d'euros. Après avoir réduit ses pertes à dix millions d'euros, le groupe est aujourd'hui en passe de réaliser des bénéfices.

"Humanis peut toutefois mettre en avant un pôle mutualiste plus étoffé que Malakoff Médéric. Le groupe et la Mutuelle générale se connaissent en outre bien, puisqu'ils coassurent depuis de nombreuses années le contrat collectif des salariés d'Orange", relève le quotidien.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)