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Les paris optimistes de l’exécutif

Même s'il considère que le programme de stabilité du gouvernement adopté la semaine passée par l'Assemblée nationale est un peu trop "optimiste", le Haut Conseil des finances publiques vient d'admettre qu'il repose sur des hypothèses crédibles. Une position que rejoignent bon nombre d'économistes, indiquent Les Echos (page 3), tout en donnant l'alerte "sur plusieurs risques importants", parmi lesquels les freins à l'investissement, à l'emploi mais aussi à la consommation.

Au rang des hypothèses jugées trop optimistes figure notamment le taux de croissance pour les années à venir. Pour 2015, le gouvernement a retenu l'idée d'une évolution de 1,7%, chiffre également mentionné par la Commission européenne. "Sauf que Bruxelles arrive à ce résultat avec un déficit public à 3,9% du PIB, qui ne prend pas en compte le pacte de responsabilité. Or, les économies de dépenses publiques auront fatalement des effets récessifs à court terme", prévient un économiste dans Les Echos. Pour les deux années suivantes, plus optimiste encore, le taux de 2,25% de croissance est avancé par le gouvernement.

"Le retournement économique ar­rive", déclarait hier le chef de l'Etat dans Le Journal du dimanche. Cette "confiance béate" de François Hollande, selon les termes de L'Opinion (page 3), mise sur la synergie de plusieurs éléments dont la re­lance de l'emploi. Grâce au pacte de responsabilité et aux allégements de charges sociales, l'exécutif espère que les entreprises vont investir et créer 40.000 emplois en 2015, 120.000 en 2016 et 190.000 en 2017. Toutefois, rien n'est certain sur ce front.

Avec les emplois créés, la confiance des ménages devrait s'améliorer, espère encore le gouvernement. En 2015, ceux-ci devraient donc augmenter leur consommation de 1,6% d'autant qu'une "baisse graduelle du taux d'épargne est en outre à attendre", indique le gouvernement. Pour l'économiste Jean-François Ouvrard, de COE-Rexecode, "il est difficile de parier sur un recul important du taux d'épargne en période de fort taux de chômage".

Enfin, ajoutent Les Echos, "pour arriver à un déficit public à 3% du PIB, le gouvernement s'attend à ce que 1 point de PIB supplémentaire entraîne une hausse de 0,9 point de recettes en plus pour l'Etat en 2014 et de 1 point à partir de 2015. Or, l'élasticité des rentrées fiscales à la croissance n'a été que de 0,2 en 2013". Et rien ne plaide pour qu'elle augmente en 2014. Quant aux recettes de la TVA, étant donné la faiblesse de l'inflation, elles ne faciliteront pas non plus la réduction des déficits publics.

 

Le naufrage du CHU de Caen

Depuis trois ans, le CHU de Caen est, plus que tout autre établissement hospitalier, soumis aux économies. Déjà, la gestion de son précédent directeur a fortement creusé le déficit, rappelait hier Le Journal du dimanche (page 21) dans une "enquête sur un hôpital en crise". Aujourd'hui révoqué de la Fonction publique, celui-ci "avait continué à embaucher malgré les voyants au rouge", indique l'hebdomadaire, tout en profitant du budget de l'hôpital pour ses propres intérêts : un million d'euros de travaux a par exemple été investi dans son logement de fonction.

Nommé en 2009, son successeur a réduit les dépenses et réorganisé les soins "avec un développement de la chirurgie ambulatoire mais surtout un plan social massif. Au total, 417 postes ont été supprimés dans les cuisines, à la blanchisserie, parmi les secrétaires et les soignants".

De fait, le personnel est débordé, le courrier adressé aux patients prend du retard, les rapports d'opérations ne sont plus rédigés et certaines tâches sont laissées de côté. "Souvent, on saute la case douche pour la personne qui sort le lendemain. On écourte la toilette : les jambes, ce n'est pas indispensable de les laver tous les jours", avoue ainsi une aide-soignante.

A ce plan de rigueur s'ajoute la vétusté ce gratte-ciel de 23 étages construit en 1975. Outre les difficiles de déplacement du personnel qu'elle occasionne, cette architecture ne répond pas aux normes de sécurité actuelles, notamment en raison de la présence abondante d'amiante. La Haute Autorité de santé (HAS) a réclamé l'an dernier que des mesures soient prises pour redresser la situation.

L'établissement, qui a déjà une dette accumulée de 120 millions d'euros, devrait faire face à des travaux de 40 millions d'euros sur plusieurs années pour désamianter seulement la tour principale. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a promis récemment la construction d'un nouvel hôpital sur le même site. "Mais avec quel argent ?", s'interroge-t-on à tous les étages.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)