Les orientations du budget 2016

Hier, le ministre des Finances a présenté les grandes orientations du budget pour 2016. Et à cette occasion, observe La Croix (page 8), Michel Sapin "affichait une certaine confiance, qui se retrouve dans les indicateurs retenus par Bercy pour la prochaine loi de finances".

Le projet de budget du gouvernement a été établi sur une hypothèse de croissance de 1,5% en 2016, rapporte Le Monde (page 10). Signe que Michel Sapin "continue d'espérer", alors même que la croissance de 1% pourtant promise pour la fin de l'année dernière n'était déjà pas au rendez-vous. "Ce 1,5% n'est pas un objectif, a déclaré le ministre des Finances. Nous cherchons à nous donner les moyens de faire mieux, mais nous avons fait le choix d'une hypothèse prudente pour construire notre budget."

Nous cherchons à nous donner les moyens de faire mieux, mais nous avons fait le choix d'une hypothèse prudente pour construire notre budget.

Fait nouveau, relève Le Figaro (page 18), "Bercy doit prendre en compte l'impact des nouvelles mesures d'urgence prises depuis cet été (accueil des réfugiés, soutien à la filière agricole…)". Mesures dont le montant total devrait avoisiner 600 millions d'euros l'année prochaine, selon le secrétaire d'Etat chargé du Budget, Christian Eckert. "Résultat, note le quotidien, le ministère du Budget doit racler les fonds de tiroirs pour tenir ses promesses", d'autant que la baisse d'impôts qui va profiter à 8 millions de foyers va entraîner 2 milliards d'euros de recettes en moins.

Afin de "récupérer 1 milliard d'euros en 2016 pour financer d'autres mesures de soutien aux entreprises prises avant l'été en dehors du pacte de responsabilité", indiquent Les Echos (page 2), le gouvernement a décidé de reporter d'un trimestre les nouveaux allégements de cotisations pour les entreprises initialement prévus au 1er avril 2016. Décision qui provoque évidemment l'ire du Medef.

En parallèle, le poids des dépenses publiques est également appelé à baisser, poursuit le quotidien économique. Après avoir représenté 56,4% du PIB en 2014 et 55,8% en 2015, le ministère mise sur 55,1% l'an prochain. Ces objectifs seront respectés, a prévenu le ministre dans Le Monde, et cela en dépit des doutes de la Cour des comptes, qui est selon Michel Sapin "une machine à voir des inquiétudes".

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Le nombre de retraités actifs augmente

Selon un document de travail du Conseil d'orientation des retraites (Cor), les retraités (hors fonctionnaires) sont de plus en plus nombreux à travailler. En 2013, rapportent en effet Les Echos (page 4), près de 350.000 retraités du régime général cumulaient leur pension avec un revenu issu d'une activité dans ce même régime (soit, +4,4% en un an). A ceux-là s'ajoutaient 53.800 indépendants, dont 33.200 affiliés au Régime social des indépendants commerçants et 20.600 dépendants du RSI artisans, soit un total de près de 405.000 retraités. Dans une étude de juin 2013, l'Insee avait de son côté comptabilisé 452.000 personnes. L'Institut prenait en effet en compte les retraités d'un régime cumulant leur pension avec les revenus d'une activité relevant d'un autre régime. D'une manière générale estime toutefois la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (Cnav), "seuls quelque 3% des retraités du régime général travaillent". Dans la majorité des cas, ces retraités cumulant emploi et retraite sont des hommes se déclarant en bonne santé. Les cadres et les diplômés du supérieur sont surreprésentés "car leurs compétences sont plus recherchées", notait l'Insee, de même que les emplois non-salariés, en particulier de commerçants, professions libérales, agriculteurs ou artisans. Enfin, les trois-quarts du temps, quand un retraité occupe un emploi salarié, ce dernier est à temps partiel, généralement à mi-temps.

Frédéric Lavignette

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