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Les nouvelles compétences des infirmières font débat

Un projet de décret créant le statut d'infirmier en pratique avancée (IPA), provoque la colère des syndicats de médecins libéraux.

"Levée de boucliers chez les médecins, alors que le gouvernement s'apprête à confier aux infirmières certaines tâches qui font partie de leurs prérogatives", rapporte Le Figaro.

Un projet de décret définissant le statut d'infirmier en pratique avancée (IPA), nouvel échelon entre les médecins et les auxiliaires médicaux, a été présenté le 8 mars aux syndicats et devrait être publié avant la fin du mois. Avec une formation de niveau master (bac + 5) au lieu de bac + 3, et mieux rémunéré, l'IPA pourra, sous le contrôle d'un médecin, participer "à la prise en charge globale du patient", dans quatre domaines : "les pathologies chroniques stabilisées, notamment pour la prise en charge des personnes âgées" (AVC, diabète, maladie d'Alzheimer…), les cancers, la transplantation rénale, la santé mentale et la psychiatrie".

S'ils assurent ne pas être opposés sur le fond à la délégation de tâches et aux pratiques avancées, les syndicats de médecins libéraux défendent avec force leurs prérogatives. Dans Le Figaro, Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), juge le projet de décret "très préoccupant, car il remet en cause le parcours de soins et le rôle du médecin traitant".

"Certes, il est normal que les métiers évoluent, mais cela doit se faire dans le cadre d'un protocole précisant qui fait quoi et jusqu'où, sinon les patients paieront les pots cassés", met-il en garde. "On assiste à un dépeçage en règle de la médecine libérale de proximité. Pourquoi faire passer des concours difficiles à des étudiants et exiger dix ans d'études ?", s'indigne Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF). Philippe Vermersch, président du Syndicat des médecins libéraux (SML), s'interroge également sur la pertinence de créer "une nouvelle profession ouvrant la porte à l'instauration d'une concurrence avec les médecins généralistes".

Face à ces critiques, le ministère de la Santé se veut rassurant. L'infirmière exerçant en pratique avancée interviendra, "dans le cadre de domaines d'intervention définis et après avoir suivi la formation correspondante, auprès de patients que le médecin lui aura adressés", précise-t-il. Le ministère rappelle que ce statut existe déjà au Royaume-Uni, qui est à l'avant-garde en matière de refonte du rôle des infirmières.

S'il se réjouit, dans Le Figaro, de "l'introduction d'un nouvel acteur" dans le système de santé, Patrick Chamboredon, président de l'Ordre des infirmiers, juge la liste des actes et prescriptions autorisés trop restrictive. L'IPA devra attendre de se voir attribuer par le médecin chacun de ses patients, regrette-t-il. Alors que le nouveau cursus doit s'ouvrir dans les facs dès la rentrée prochaine, personne ne sait encore combien d'infirmières seront candidates à ce nouveau statut.

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John Sutton

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