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Les minima sociaux ne préservent pas de la pauvreté

La moitié des bénéficiaires d'un revenu minimum garanti vivent avec moins de 920 euros par mois, indique une étude publiée fin juin par la Drees. Ces aides réduisent l'intensité de leur pauvreté sans les protéger de ce fléau.

Les personnes qui perçoivent des minima sociaux sont beaucoup plus touchées par la pauvreté que le reste de la population. Ainsi, 58,1% des bénéficiaires d'un revenu minimum garanti, "soit 5,2 millions de personnes (…) ont un niveau de vie inférieur à 987 euros par mois", contre une proportion globale de 13,9%, indique une étude publiée fin juin par la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees).

Dans cette analyse portant sur l'année 2012, la Drees déplore que les aides octroyées ne permettent pas de "protéger contre la pauvreté" mais simplement d'en "réduire l'intensité". Si le niveau de vie médian(1) est de 1.650 euros mensuels en France, "la moitié des personnes vivant dans un ménage bénéficiant d'un revenu minimum garanti disposent de moins de 920 euros".

Niveau de vie le plus bas avec le RSA

Les difficultés les plus importantes sont concentrées sur les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). C'est tout particulièrement le cas des personnes sans revenus d'activité et qui perçoivent donc le RSA dit "socle" dont le montant est déterminé en fonction de la composition familiale, rappelle-t-on. "Plus souvent au chômage ou au foyer", elles ont le niveau de vie "le plus bas", soit "moins de 740 euros par mois", précise la Drees.

En conséquence, "un peu plus des trois quarts des bénéficiaires du RSA socle et des personnes vivant avec eux sont pauvres". Pour les parents isolés, le montant du RSA socle est majoré mais leur revenu médian atteint seulement "820 euros par mois".

Un peu plus des trois quarts des bénéficiaires du RSA socle et des personnes vivant avec eux sont pauvres.

Pour leur part, les bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) disposent du revenu le plus élevé, avec 1.210 euros mensuels. Malgré cela, ils affichent un taux de pauvreté "environ deux fois plus élevé que celui de l'ensemble de la population métropolitaine". A noter que certains d'entre eux doivent faire face à des dépenses "élevées" liées aux aides techniques ou à l'aménagement de leur logement.

Enfin, le revenu médian est de 1.000 euros pour les bénéficiaires du minimum vieillesse et de moins de 960 euros pour ceux de l'allocation de solidarité spécifique (ASS). Cette dernière est versée aux chômeurs dont les droits sont épuisés mais qui justifient d'au moins cinq ans d'activité au cours des dix dernières années précédant la fin de leur contrat de travail.

(1) Selon la définition de l'Insee, le salaire médian est le seuil qui sépare les salaires d'une population donnée en deux parties égales, c'est-à-dire que la moitié des salariés gagne moins et l'autre moitié gagne plus. Il diffère du salaire moyen qui résulte de la moyenne de l'ensemble des salaires.

Cliquer ici pour lire l'intégralité de l'étude de la Drees

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)