Les médecins améliorent leurs performances

L'an passé, les médecins ont perçu une prime moyenne d'un montant de 5.774 euros pour avoir rempli les objectifs de performance fixés par l'assurance maladie. Cette année, annonce Le Figaro (page 17), le montant de la "rémunération sur objectif de santé publique" que recevront les généralistes dans les prochaines semaines est fixé à 6.264 euros. Soit une hausse de 8,3%, qui s'explique par une meilleure tenue de ces objectifs.

Depuis deux ans, rappellent Les Echos (page 4), ce mode de rémunération incite les praticiens qui le souhaitent à répondre à une série de critères. Assez orientée sur la prévention, cette démarche vise à contenir les dépenses d'assurance maladie. Par exemple, "les médecins doivent vacciner au moins 75% de leurs patients de plus de 65 ans contre la grippe. D'autres ciblent la prise en charge de certaines maladies, comme le diabète". Les praticiens sont également incités à prescrire des génériques, ou à s'équiper pour la télétransmission.

Le taux d'atteinte de ces objectifs est passé de 61,5% en 2013 à 65,1% en 2014, "ce qui représente une amélioration de leurs résultats de 5,8%", écrit Le Figaro. Plus précisément, les médecins se sont particulièrement améliorés dans le suivi des patients atteints du diabète, indique le journal, et "dans la lutte contre la surmédicalisation des personnes âgées et la prescription de génériques".

La baisse des prescriptions d'antibiotiques, d'anxiolytiques et de somnifères chez les adultes est également saluée par l'assurance maladie. En revanche, concernant le dépistage du cancer, et notamment les cancers féminins, "les indicateurs de prévention sont moins satisfaisants", poursuivent Les Echos. Il en est de même en matière de vaccination.

Ce dispositif, qui concerne davantage les médecins généralistes que les spécialistes (ces derniers devraient percevoir 1.129 euros cette année, contre 1.082 euros en 2013), est assez coûteux pour l'assurance maladie. L'an dernier, elle a en effet déboursé 376 millions d'euros, "contre près de 352 millions en 2013 et 294 millions en 2012 (montants bruts)". Mais pour cet organisme, cette hausse traduit une "évolution positive des indicateurs de santé publique, d'efficience et de modernisation du cabinet".

De son côté, la Cour des comptes est moins enthousiaste. L'été dernier, elle a estimé que cette "prime à la perfor­mance" était trop généreuse, d'autant qu'"aucune conséquence négative n'est attachée au non-respect des objectifs".

A lire aussi – Nouvelle hausse du chômage

Les chiffres du chômage ont atteint un nouveau record, déplore Le Parisien/ Aujourd'hui (page 7). Selon le ministère du Travail, le nombre de demandeurs d'emploi a en effet progressé de 15.400 chômeurs sans activité. Au final, le chômage a donc dépassé "la barre symbolique des 3,5 millions d'inscrits en catégorie A (n'ayant exercé aucune activité au cours du mois précédent) en métropole".

Si l'on tient compte des départements d'outre-mer (Dom), le chiffre atteint même 3.768.300, précisent Les Echos (page 2). Les résultats du mois de janvier, que l'on pouvait penser encourageants, n'ont finalement été qu'un "accident", selon l'expression du quotidien économique, "puisque les deux mois suivants, l'augmentation a repris à un rythme soutenu".

Au ministère du Travail, on tente de dédramatiser. Selon Le Figaro, le ministre du Travail, François Rebsamen, se félicite de la "baisse de la hausse", mais ne commente pas l'augmentation du nombre d'inscrits : avec 28.000 demandeurs supplémentaires le mois dernier au total dans les trois catégories (A, B et C), le chiffre atteint 5,3 millions de demandeurs d'emploi.

Frédéric Lavignette

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