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Les infirmières accumulent les revendications

A l'appel de leur Coordination, les infirmiers vont défiler ce mardi 20 novembre 2018 pour réclamer une meilleure reconnaissance professionnelle et financière.

Les infirmières sont oubliées. C'est par ce mot d'ordre, relayé par les réseaux sociaux, qu'une grosse partie de ces praticiens des deux sexes manifesteront ce mardi 20 novembre 2018, pour leur "reconnaissance professionnelle et financière".

On ne sait pas encore combien des 440.000 salariés de la profession, et des 120.000 acteurs libéraux, seront mobilisés. Toujours est-il que l'appel lancé par la Coordination des infirmiers (quinze syndicats de soignants) "n'a que faire des compliments sur le dévouement" dont on les a récemment flattés, expliquent Les Echos.

Il n'y a qu'à voir, indique Libération, toutes les organisations d'infirmiers "s'alarment de l'absence de mesures à leur égard dans le dernier plan « Santé 2022 » du gouvernement". Or, à l'heure actuelle, "les points noirs sont nombreux". A commencer en secteur hospitalier, où la rémunération de ceux qui exercent est bien moins correcte qu'il y a vingt ans.

A cela s'ajoute le problème des sous-effectifs. D'où la question posée à Emmanuel Macron par une apprentie soignante d'Ehpad, Raphaëlle Jean-Louis, dans un livre qu'elle vient d'écrire sur ses conditions de travail ("Diplôme délivré(e), parole affranchie d’une étudiante infirmière", Editions Michalon) : "Que faut-il faire faire afin de sauver les êtres humains qui y travaillent et d’éviter les suicides ?"

Pour ce qui est des infirmières libérales, "s'en sortir" signifie travailler à la chaîne, poursuit le quotidien. Ces soignantes-là, observent d'ailleurs Les Echos, ont pour la plupart quitté l'hôpital du fait des horaires, des pressions subies et de leur "rémunération au lance-pierre". En 20 ans, le nombre des départs (80% de femmes) est passé de 50.000 à 124.000, estime la Drees.

Bien qu'indépendantes, leur nouveau statut n'est apparemment pas plus enviable, notamment parce que la tarification de leurs actes souvent réalisés à domicile est basse. En effet, pour une injection, elles sont rémunérées 7 euros (déplacement compris). Un pansement est facturé 8,80 euros et un nursing (soins d'hygiène et de confort aux personnes dépendantes) 10,45 euros. Pour plusieurs actes réalisés au cours d'une même visite, précise le quotidien, "seul le premier est tarifé à taux plein, le deuxième est facturé à 50%, et pour le troisième et les suivants, on ne paie pas...".

Pour gagner au mieux leur vie (4.000 euros mensuels nets en moyenne), les infirmières libérales doivent faire preuve d'une constante disponibilité. Surtout en milieu rural, et auprès des personnes âgées, dont le nombre ne cesse de croître. Cela dit, face à l'extension des déserts médicaux et l'engorgement des urgences, leur conscience professionnelle les pousse à réclamer de nouvelles prérogatives.

Hélas, elles doivent désormais affronter de nouvelles formes de concurrences. En particulier celle exercée par les 4.000 assistants médicaux, récemment créés pour être à mi-chemin entre le secrétaire médical et le soignant. Sans parler de l'apparition des nouvelles infirmières de pratique avancée (IPA) qui leur font aussi de l'ombre, au même titre que les pharmaciens prochainement autorisés par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019 à vacciner contre la grippe sur l'ensemble du territoire.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)