Les inégalités régionales de santé persistent

Les Français sont globalement en meilleure santé que leurs voisins européens, indique le dernier rapport de la Drees sur l’état de santé de la population, publié le 12 février. Mais les inégalités territoriales sont toujours prononcées.

Mortalité

La mortalité infantile est supérieure de cinq points dans les départements d’outre-mer par rapport à la métropole. La prévalence du surpoids, de l’obésité, les petits poids de naissance et les bébés prématurés y sont aussi plus élevés. L’indicateur de mortalité "reflète plus largement l’état de santé d’une population", note la Drees dans son rapport sur l’état de santé de la population en France, publié le 12 février. "Cet indicateur exprime l’efficacité des soins préventifs, l’attention accordée à la santé de la mère et de l’enfant, de même que la qualité du système de soins et de santé." En outre, il rend compte de facteurs sociaux "tels que le niveau de scolarité des mères ou leur situation socio-économique".

Cancer du sein

Le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein est supérieur à 60% en Pays-de-la-Loire, Limousin, Bretagne, Centre et inférieur à 45% en Corse, Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur sur 2012-2013. Ces disparités régionales peuvent s’expliquer "soit par des réticences individuelles ou culturelles aux pratiques de dépistage, soit par des inégalités d’accès au système de soins".

Diabète

La prévalence du diabète traité par voie médicamenteuse est passée de 4,4% en 2010 à 4,6% en 2012, soit 3 millions de personnes. La France se situe dans la moyenne européenne. La prévalence varie selon le niveau socio-économique (2,3% chez les bénéficiaires de la CMU-C de moins de 60 ans, contre 1,7% chez les non-bénéficiaires du même âge) et la région. Les taux les plus élevés sont observés dans le Nord et dans les départements d’outre-mer (Dom).

Alcool

La proportion de buveurs quotidiens atteint 11% sur le territoire. Deux régions se distinguent : le Nord-Pas-de-Calais (18%) et le Languedoc-Roussillon (17%). "Dans un contexte général de baisse des consommations, ce pourcentage est resté à peu près inchangé depuis 2000 dans le Nord-Pas-de-Calais et n’a que très faiblement diminué dans le Languedoc-Roussillon", précise la Drees.

Anne Thiriet

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