Les Français eurosceptiques

La question de l'Europe partage les Français, et le sondage publié hier par Le Journal du Dimanche (pages 2 à 4) le confirme. Selon cette enquête réalisée par l'Ifop auprès de 1.006 personnes, 51% de nos concitoyens se disent satisfaits de l'Union européenne (dont 6% se déclarent "très satisfaits"), contre 49% qui se déclarent mécontents (dont 19% de "très mécontents").

Ces derniers reprochent notamment à l'Union européenne le niveau trop élevé de l'euro qui pénalisent les exportations (49%), les nombreux élargissements de l'Union (38% de mécontents), l'absence de frontières au sein de l'union (33%) ou encore les transferts de souveraineté des Etats vers les instances européennes (27%).

Même s'il est diffus, cet euroscepti­cisme fait craindre le pire pour les partis politiques français car "tous s'attendent à une très faible participation des électeurs", remarquent Les Echos (page 7). Déjà, lors des précédentes élections européennes de 2009, rappelle le quotidien, "un record avait été battu" en matière d'abstention. Seuls 41,3% d'électeurs s'étaient déplacés. Cette fois les estimations tablent sur une participation entre 36 et 40%.

Il faut dire qu'à cet euroscepticisme s'ajoutent "la proximité d'avec les municipales, le remaniement, les vacances scolaires, les campagnes tardives des états-majors et leurs têtes de listes à la notoriété toute relative, ainsi que la faible médiatisation". Tout cela, écrivent Les Echos, a "contribué à faire passer ce scrutin au second plan".

Selon un sondage paru la semaine dernière, le Front national arriverait en tête avec 25% des suffrages, devant l'UMP (21%) et le Parti socialiste (18%). Cette troisième position pour le parti de la ma­jorité inquiète le président de la Ré­publique, note Le Figaro (pages 2 à 4).

Pour ne pas aggraver les risques d'un vote sanction, François Hollande devrait d'ailleurs différer son intervention sur la réforme territoriale qu'il avait prévue de faire cette semaine. En revanche, poursuit le journal, "il réfléchit à une prise de parole au lendemain des européennes. Une intervention qui porterait sur le terrain national (selon le score obtenu par le FN) ou sur le terrain européen et le nouvel équilibre des forces politiques en Europe".

 

ESS : une loi chargée de promesses

"C'est parce que nous croyons en un modèle de développement économique alternatif que le projet de loi sur l'économie sociale et solidaire, l'ESS, est présenté devant l'Assemblée nationale", écrivait jeudi dernier dans le huffingtonpost.fr, Valérie Fourneyron, secrétaire d'Etat chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire.
Ce projet de loi a été adopté jeudi soir par l'Assemblée nationale. Pour la secrétaire d'Etat, ce texte "est l'une des grandes lois économiques de ce quinquennat, c'est une nouvelle donne pour la France, c'est une révolution !".

La future loi concernera environ 200.000 entreprises, parmi lesquelles des associations, des mutuelles, des coo­pératives, qui concilient une activité économique et une utilité sociale. Concrètement, indique Valérie Fourneyron, "c'est 70% des structures d'accueil des personnes âgées dépendantes, 9 structures sur 10 pour les handicapés, 1,5 fois les emplois de la construction, 4,5 fois ceux de l'agro-alimentaire".

Toutes ces entreprises représente 10% du produit intérieur brut et près de 10% des emplois en France. Elles sont de surcroît prometteuses car, du fait des départs à la retraite attendus d'ici 2020, 600.000 recrutements sont attendus dans tous les secteurs qu'elles représentent.

Frédéric Lavignette

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