Les élections menacées par l’abstention et l’euroscepticisme

Le scrutin européen de dimanche devrait être marqué par un taux d'abstention record et une poussée des partis eurosceptiques. Mais ces élections comptent encore de nombreuses inconnues, soulignent Les Echos (page 1) : "Le Parlement penchera-t-il plutôt à droite ou plutôt à gauche, la percée popu­liste sera-t-elle aussi forte qu'annoncée, et sur le plan national, quels partis de gouvernement seront les plus durement affectés par la montée en puissance des populismes ?", interroge le quotidien.

"Le PS semble s'être fait à l'idée de terminer troisième du scrutin, derrière l'UMP et le FN", estime Bastien Bonnefous, du Monde (page 3). "Etre troisième, c'est violent", s'inquiète, dans Les Echos (page 2), un haut responsable de la majorité, qui appréhende, deux mois après les municipales, "le deuxième round du vote sanction".

Mais le président de la République comme son Premier ministre veulent y croire, assure le quotidien économique. "Le PS est dans la position du mal-aimé, qui a essuyé un gros coup de torchon en mars et ne sait plus comment revenir en grâce", peut-on lire dans Le Monde. "C'est maintenant que ça se joue pour la masse des indécis", font valoir les proches du gouvernement, qui savent bien que l'électorat est "très volatil".

Selon la formule de Françoise Fressoz, du Monde, "c'est la chronique d'un désastre annoncé, qui ne provoque aucun sursaut". Les trois quarts des Français reconnaissent leur piètre connaissance des institutions européennes, selon un sondage de l'institut Harris interactive. Les grands médias audiovisuels ne les aideront pas, souligne Le Monde : aux "20 heures" de TF1 et de France 2, une campagne européenne occupe près de deux fois et demie moins de temps qu'une campagne présidentielle, a me­suré l'institut CSA.

"Eurosceptique, eurobéat, europessimiste, européiste… Les mots fleurissent pour décrire l'état d'esprit des Européens avant le scrutin, qui élira les 751 eurodéputés du Parlement européens", écrit Dominique Quino, dans l'éditorial de La Croix (page 1 ) "Certes, l'Europe n'est “pas assez“ : pas assez forte, unie, solidaire, sociale, démocratique ; et elle est “trop“ : trop libérale, technocratique, normative. Mais elle est imparfaite et perfectible, elle est une histoire et une culture, une force économique, un espace démocratique", ajoute l'éditorialiste.

 

Médicaments : la contrefaçon explose

Lors d'un raid, mené du 13 au 20 mai, Interpol a saisi pour 22 millions d'euros de médicaments contrefaits et fermé plus de 10.000 sites illicites de vente sur Internet, rapporte Le Monde Economie & entreprise (page 3). Parmi les médicaments saisis figurent des antibiotiques, des antalgiques, des hormones thyroïdiennes, des anxiolytiques ou encore des insulines. "En vrais businessmen, les criminels s'adaptent à la demande. En 2010, nous avons découvert de faux vaccins contre la grippe H5N1, car les trafiquants savaient qu'ils écouleraient leurs doses sans problème dans un contexte de demande massive", explique, dans le supplément économique du Monde, Aline Plançon, chargée de la lutte contre la criminalité pharmaceutique à Interpol.

Les anticancéreux sont aussi de plus en plus copiés, car leur prix élevé incite les patients aux faibles revenus à chercher une alternative. La contrefaçon des médicaments a pris de l'ampleur depuis une dizaine d'années, suivant en cela l'essor d'Internet. Quant à l'impact sur la santé publique, il reste difficile à mesurer. "Les médecins et la famille n'ont pas toujours connaissance des médicaments pris par la victime, ni de leur origine", explique Aline Plançon. "La meilleure arme pour lutter contre la contrefaçon reste la sensibilisation des patients, qui n'ont pas toujours conscience de jouer à la rou­lette russe en achetant au hasard leurs médicaments", conclut Chloé Hecketsweiler, dans son article du Monde.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)