Les déserts médicaux reculent

En déplacement à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), la ministre de la Santé a dressé hier le bilan de son "pacte territoire-santé" lancé en décembre 2012. A en croire Marisol Touraine, ce premier bilan est "plutôt positif", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), "puisque les engagements ont été pour l'essentiel tenus".

Pour lutter contre la pénurie de médecins, rappelle La Croix (page 17), "la mesure phare de ce pacte consistait en la mise en place de 260 contrats de praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG)". Grâce à ce contrat, tout jeune médecin généraliste qui a accepté de s'installer pendant deux ans dans une zone médicalement sous-dotée bénéficie ainsi d'un revenu mensuel net de 3 640 euros net et d'une couverture sociale avantageuse. Au 31 décembre dernier, 180 jeunes praticiens avaient signé ce pacte. Un peu moins que les 200 annoncés, mais vingt engagements seraient en cours de finalisation.

Face à ces "résultats concrets" soulignés par Marisol Touraine, 200 postes supplémentaires vont être créés en 2014, indique Libération (page 13). Selon la ministre, ajoute Le Parisien/Aujourd'hui, "la majorité des signataires sont des femmes âgées de 30 à 35 ans et ont choisi l'exercice regroupé dans une maison de santé, par exemple".

Le "boom des maisons de santé pluridisciplinaires" fait justement figure de "véritable bonne nouvelle", écrit Le Figaro (page 19). Le nombre de ces structures qui regroupent des médecins généralistes, des spécialistes et des paramédicaux a ainsi doublé. On en compte aujourd'hui 370. "Sachant que leur développement est indispensable pour attirer les jeunes qui se détournent de l'exer­cice en solitaire, la ministre de la santé vise la barre des 600 maisons de santé à fin 2014", ajoute le quotidien.

Autre dispositif qui semble fonctionner : les contrats d'engagement de service public (Cesp), une bourse de 1.200 euros mensuels octroyée aux étudiants en échange d'une installation dans un désert médical, même si, rappelle Le Figaro, ces contrats ont été mis en place sous la précédente majorité. Au total, 591 signataires ont été enregistrés fin 2013, soit 40% de l'objectif. D'ici 2017, conclut Libération, 1.500 nouveaux contrats pourront être signés par d'autres étudiants.

 

Faciliter les prêts bancaires des anciens malades du cancer

Lors de la présentation du troisième Plan cancer mardi dernier, le président de la République a estimé que le temps était venu d'"instituer un véritable droit à l'oubli pour les malades du cancer". Par cette expression, François Hollande signifiait qu'il y a "une vie après le cancer". En d'autres termes, avoir été victime du cancer dans son passé ne doit pas nuire au présent.

Même si certains dispositifs ont été mis en place les éviter, les discriminations à l'égard d'anciens malades persistent, ob­serve Libération (page 13). Régulièrement, et en dépit de la convention Aeras, qui a facilité l'accès au crédit, les banques refusent toujours d'accorder certains prêts à d'anciens malades ou les pénalisent par le biais des surprimes calculées en fonction d'un taux de survie estimé.

Pour Céline Lis-Raoux, fondatrice de Rose, un magazine féminin consacré au cancer, ce refus est pour certaines anciennes patientes un "choc", car on leur renvoie au visage leur passif de malade. Cette situation est "d'autant plus absurde que pour nombre de cancers chez l'enfant ou chez l'adolescent, la rémission est totale", écrit Libération. D'où l'idée du "droit à l'oubli" qui consiste à "fixer un délai dans le temps, au-delà duquel les personnes, en quête d'une assurance et ayant eu un cancer, n'aient plus l'obligation de le déclarer", explique La Croix (page16 ).

Ce délai variera selon le type de cancer, prévient Jérôme Viguier, directeur du pôle santé publique et soins à l'Institut national du cancer (Inca), car "pour certains cancers, on sait qu'au bout d'un certain nombre d'années, le risque pour celui qui a été malade redevient exactement le même que pour le reste de la population". Ce droit à l'oubli devrait entrer en vigueur au plus tard en 2015 par le biais de négociations avec les partenaires de la convention Aeras. Faute d'entente, une loi l'imposera.

Frédéric Lavignette

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