croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Les dépenses de médicament à la baisse

Des prix à la baisse et une progression des génériques : ces évolutions conjointes font que, pour la deuxième année consécutive, les dépenses de médicaments remboursées par le régime général ont régressé. Ainsi, l'an passé, les ventes de ces produits ont reculé de 0,4%, a indiqué hier la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), citée dans Les Echos (pages 1 et 4). Ce repli, explique le quotidien économique, concerne tout autant les médicaments administrés à l'hôpital que ceux délivrés dans les officines de ville.

Plus précisément, ajoute Le Figaro (page 23), "les baisses de prix imposées aux laboratoires pharmaceutiques ont permis d'économiser 853 millions d'euros et le développement des génériques 1,6 milliard". Cette percée des génériques s'explique par une modification du comportement des assurés sociaux, modification qui tient en partie au fait que depuis dix-huit mois, rappellent Les Echos, "les patients qui refusent que leur pharmacien leur délivre un générique doivent faire l'avance de frais"… Conséquence de cette mesure dissuasive : "Fin 2013, les pharmaciens ont délivré des génériques dans plus de 82% des cas lorsque c'était possible, contre moins de 72% avant l'entrée en vigueur du dispositif."

Toutefois, cette évolution est contrebalancée par une autre tendance, celle d'une hausse du nombre de boîtes vendues. L'an passé, la progression en volume a été de 1,2%. L'assurance maladie évoque "un contexte épidémiologique défavorable", comme le rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 7), avec une multiplication des cas de grippe et de gastro-entérite. Quoi qu'il en soit, les Français conservent la palme européenne de consommateurs de médicaments. Les dépenses de médicaments par habitant coûtent 95 euros par an en France, contre 76 euros en Italie, 68 euros en Allemagne et 50 euros en Hollande, note ce quotidien.

Enfin, un autre élément impacte le marché du médicament : une hausse accrue de la délivrance de produits, particulièrement coûteux, pour des maladies graves comme les cancers, le diabète… Leur progression "s'est soldée par 3,1% d'augmentation de leur enveloppe de remboursement", précise Le Parisien/Au­jourd'hui. C'est, entre autres, le cas du Lucentis®, prescrit dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) qui reste encore cette année en tête des ventes.

 

Des pistes d'économie pour l'hôpital

Invité à préciser les sources d'économies en matière d'assurance maladie, le Premier ministre a évoqué le 9 avril sur BFM TV, "la question de la chirurgie ambulatoire" et également une restructuration de l'offre hospitalière. Sans attendre l'ordonnance du Premier ministre, la Fédération hospitalière de France (FHF) a fait part au chef du gouvernement de ses pistes d'économies pour un montant compris entre 5 et 7 milliards d'euros en cinq ans.

"Leur mesure phare ? Que l'assurance maladie mette sur la table ses immenses bases de données sur la santé, pour débusquer les prescriptions médicales inutiles. Avec à la clé, 2 milliards d'euros d'économies sur cinq ans", relève Le Figaro (page 23).

En outre, la FHF propose de mettre en place des "coopérations entre établissements, privés et publics, pour mutualiser les blocs opératoires ou les laboratoires", souligne Le Monde-économie (page 5). Une autre de ses propositions ne manquera certainement pas de susciter une polémique. Cette fédération "suggère de ne plus accorder ni financement de l'assurance maladie, ni autorisation d'exercice aux cliniques privées, sauf à celles qui exercent des missions de service public comme l'accueil des urgences", relève L'Opinion (page 4). Des cliniques privées qui font également part de leurs propositions. Ainsi, la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) "pointe du doigt le fait que l'assurance maladie rémunère 22% de plus une prestation dans un hôpital public". Aligner les tarifs sur le privé "rapporterait pas moins de 7 milliards d'euros", indique Le Figaro.

Jean-Michel Molins

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)