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Les antibiotiques, c’est plus automatique !

C’est avec satisfaction que le directeur de l’assurance maladie, Frédéric van Roekeghem, a présenté hier un bilan du programme lancé en 2002 autour du slogan "Les antibiotiques, c’est pas automatique".

Cette campagne qui visait à modifier le comportement des assurés et des médecins face à ces médicaments a été efficace, notent Les Echos (page 17) : leur consommation a en effet baissé de 23,4% en cinq ans. Sur cette période, la diminution équivaut à près de 27 millions de traitements, soit une dépense évitée de 850 millions d’euros, indique Le Figaro (page 21).

"Les changements de comportement des médecins et des familles sont particulièrement nets pour les enfants en bas âge", poursuivent Les Echos. En effet, les enfants âgés de 0 à 5 ans, habituellement gros utilisateurs, ont fortement diminué leur consommation. En cinq ans, observe la Cnam, 6,4 millions de traitements leur ont été évités, ce qui représente un recul de 34%.

Le recours systématique à l’antibiotique est également à la baisse de façon globale. Par exemple, durant l’hiver 2006-2007, il y a eu une moyenne de 5,1 prescriptions d’antibiotiques pour 10 habitants, contre 6,7 pour 10 avant le lancement du programme.

Cependant, note Hubert Allemand, médecin-conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), "tout n’est pas gagné". En effet, la situation reste "préoccupante" au niveau national. Notre pays demeure le deuxième consommateur européen de ces traitements derrière la Grèce. Les Français en consomment ainsi deux fois plus qu’en Allemagne et au Royaume-Uni, et trois fois plus qu’aux Pays-Bas.

Un autre constat inquiète le président de l’Observatoire national de l’épidémiologie de la résistance bactérienne aux antibiotiques (Onerba), Vincent Jarlier : "Plus la consommation d’antibiotiques est élevée, plus la résistance bactérienne y est conséquente", explique-t-il. Le recours trop élevé à ces produits n’est pas la seule cause de ces résistances puisque les transmissions d’individu à individu faute d’hygiène en sont aussi responsables, dans les hôpitaux ou les crèches par exemple, ce qui rend le médicament inefficace.

En 2006, la France avait ainsi l’un des taux de résistance au pneumocoque (angines, infections respiratoires…) les plus élevés en Europe. Notre pays "est aussi mal classé pour le staphylocoque doré (en milieu hospitalier) et la résistance aux antibiotiques d’une autre bactérie, le colibacille (infection urinaires et digestives)", préviennent encore Les Echos.

A lire aussi dans la presse - Détection de la surdité chez les bébés : pour ou contre ?

D’ici les prochaines semaines, le ministère de la Santé et l’assurance maladie vont décider d’instaurer ou non un dépistage systématique de la surdité à la naissance. Selon La Croix (page 15), "un dépistage néonatal de la surdité permettrait un appareillage beaucoup plus précoce, avec la pose par exemple d’un implant cochléaire vers l’âge de 9 à 10 mois".

Quelques difficultés s’opposent toutefois à ce dépistage, relève Le Parisien/Aujourd’hui (page 12). En effet, le Comité consultatif national d’éthique a contredit hier ce projet de détection, qui "présenterait probablement plus d’inconvénients que d’avantages".

Comme le rapporte Libération (page 18), le Comité estime que des tests trop précoces ne sont pas assez fiables "pour faire l’objet d’une généralisation systématique". Il préfère préconiser les "concepts de repérage orienté des troubles des capacités auditives".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)