Les addictions des jeunes à la loupe

Pour renforcer l'efficacité des messages de prévention sur les conduites ad­dictives des adolescents, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) avait besoin de connaissances scientifiques in­contestables sur le sujet. A sa demande, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) s'est vu confier une enquête dont les résultats ont été présentés hier.

Parmi tous les types d'addiction concernés par l'étude (y compris boissons énergisantes, jeux vidéo et d'argent ou en­core médicaments), il en ressort que "les niveaux de consommation de l'alcool, du tabac et du cannabis demeurent élevés chez les jeunes", souligne La Croix (page 9). C'est donc sur ces derniers produits que des actions doivent être menées "en priorité", indique l'Inserm.

En matière d'alcool, écrit La Croix, "c'est à la fin des années de collège qu'apparaissent les usages réguliers d'alcool". En 2010, 7% des élèves de 3e déclaraient avoir bu au moins dix fois dans le mois écoulé. Cette consommation se poursuit généralement au lycée : en 2011, 15% des garçons de 17 ans avouaient avoir une consommation régulière d'alcool, contre 6% des filles. Quant à "l'alcoolisation ponctuelle importante" (au moins cinq verres bus en une même occasion), elle peut atteindre 53% chez les garçons et les filles du même âge.

D'après Le Monde (page 9), les jeunes sont particulièrement vulnérables à l'alcool car il est "plus dangereux pour leur cerveau que pour celui des adultes" du fait qu'"il induit des troubles d'apprentissages et de mémoire". Pour ce qui est des maladies respiratoires et cardiovasculaires, voire des cancers, provoqués à long terme par le tabac, les jeunes de 17 ans ne semblent pas s'en soucier. Selon l'Inserm, 30% des filles et 33% des garçons sont des fumeurs quotidiens.

D'usage régulier, il en est aussi question pour le cannabis, poursuit La Croix. Ainsi, en 2011, 7% des élèves de terminale déclaraient avoir fumé au moins deux fois dans le mois. En seconde, pour la même fréquence, ils étaient 6%, et 2% en troisième. De fait, 5% des jeunes présentent un risque "d'usage problématique" à 17 ans (7% des garçons et 3% des filles). Or, remarque Le Monde, les troubles de la mémoire et de l'apprentissage sont ici aussi préoccupants "en particulier si la consommation a commencé avant 15 ans".

Face à ces comportements inquiétants, l'Inserm préco­nise de retarder l'initiation à ces produits et la détection précoce de leurs usages. Pour ce faire, mentionne le quotidien, il est nécessaire de "former au repérage" les médecins généralistes, scolaires, urgentistes et autres travailleurs sociaux, mais aussi de valoriser les structures comme les consultations jeunes consommateurs (CJC), que souhaite mettre en œuvre la Mildt.

 

L'hospitalisation privée se fait menaçante

Pour protester contre certaines décisions du gouvernement, la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) vient d'annoncer deux mesures : d'un côté, la "suspension du plan d'embauche de 3.000 personnes prévu pour 2014", et de l'autre, la fin de l'accueil des infirmiers stagiaires dans ses établissements à compter du 1er mars.

Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 13), les cliniques sont "furieuses car elles ont été privées du bénéfice du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (Cice) et parce que le ministère a annoncé qu'il allait instaurer un tarif de remboursement dégressif pour les actes pratiqués dans le secteur privé". A ce titre, la FHP compte également saisir l'Autorité de la concurrence pour "abus de position dominante du secteur public".

Le refus d'accueillir les infirmiers stagiaires suscite un début de polémique, écrit le quotidien. Le secteur privé en absorbe près du tiers au cours de leur formation (soit 30.000), pour leur stage obligatoire en vue de l'obtention de leur diplôme. De ce fait, explique le président de la FHP, Jean-Loup Durousset, le secteur privé parti­cipe "aux missions de service public. Mais en retour, il ne reçoit jamais rien".

La réaction de son confrère de la Fédération hospitalière de France (FHF) ne s'est pas fait attendre, poursuit Le Parisien/Aujourd'hui. Dans un communiqué, Gérard Vincent, son délégué général, estime que les hôpitaux publics suppléeront sans peine "les carences du secteur privé commercial !".

Frédéric Lavignette

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