L’efficacité démontrée des réseaux de soins

Mis en place dans les années 2000, les réseaux de soins ont allégé jusqu'à 50% le reste à charge des patients. C'est ce qui ressort d'une étude publiée hier, qui indique également qu'ils demeurent sous-utilisés.

"En quinze ans d'existence, les réseaux de soins ont permis de réduire les dépenses de 40 millions de Français. Tel est le constat de l'Observatoire citoyen des restes à charge en santé, qui a rendu public hier, mardi 4 octobre 2016, les résultats d'une étude menée par l'institut Asterès que préside l'économiste Nicolas Bouzou.

En effet, selon cette enquête dévoilée par Le Parisien/Aujourd'hui, les diminutions tarifaires des professionnels de santé partenaires de ces réseaux (opticiens, dentistes, audioprothésistes, ostéopathes, chiropracteurs et diététiciens) varient de 10% à 50% par rapport au prix moyen du marché. Ce qui était bien l'objectif de ces réseaux "arrivés au début des années 2000, sous l'impulsion de groupes d'assureurs complémentaires voulant endiguer la hausse continue du prix de certains soins", observe le quotidien.

En 2015, 1 milliard d'euros ont ainsi été économisés. En dentaire, les réseaux ont permis de faire baisser les prix de 19% en moyenne, indique l'Observatoire, "soit un gain moyen de 343 euros pour un acte". Il faut, par exemple, compter 1.447 euros en moyenne pour un devis prothèses dans le réseau Santéclair, au lieu de 1.791 euros hors réseau. Concernant les appareillages auditifs, la chute des prix atteint cette fois les 30%, soit un gain moyen de 821 euros.

Pour Nicolas Bouzou, ces réseaux ont également eu un impact sur la nature même de l'offre de soins. En optique, explique-t-il, "là où les prix progressaient de 4,7% par an depuis 2001, ils ont baissé pour la première fois de - 0,3% en 2015." Pour autant, déplore l'Observatoire, les réseaux demeurent encore sous-utilisés "par manque d'information". Ce déficit d'information explique qu'ils n'ont "permis de réduire le renoncement aux soins", regrette Nicolas Bouzou, qui continue de toucher 20% des Français.

D'ici à quelques semaines, prévient Le Parisien/Aujourd'hui, l'inspection générale des Affaires sociales (Igas) dressera un premier bilan des réseaux de soins. Evaluation par ailleurs réclamée par l'Unsaf, un syndicat d'audioprothésistes, qui conteste leur efficacité. Déjà dans les années 2000,  rappelle le journal, les réseaux de soins étaient mal considérés par certains syndicats professionnels qui les soupçonnaient de "vouloir faire main basse sur l'activité libérale".

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Frédéric Lavignette

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